Poissy : excédé par les dépôts de déchets, ce maire les ramène à un commerce indélicat

Le maire de Poissy Karl Olive (DVD) serait-il inspiré par son homologue de Vélizy, Pascal Thévenot (LR), qui a retourné à des administrés peu scrupuleux les ordures déposées illégalement sur un chantier ? Ce jeudi matin, l’édile pisciacais a rendu public sur les réseaux sociaux (photo) l’indélicatesse d’un nouveau commerçant du centre-ville, s’attirant de nombreux commentaires de soutien d’habitants manifestement excédés par ces dépôts sauvages récurrents.

S’installant dans les locaux précédemment utilisés par le restaurant Palais de l’Inde, au 33 bis rue du général de Gaulle, en plein centre-ville, celui-ci a en effet visiblement jugé plus simple de se débarrasser des décors du restaurant sans passer par la case déchèterie, suscitant l’ire de Karl Olive. Il a donc fait ramener les déchets trouvés en centre-ville à leur propriétaire :

Dépôt sauvage d’ordures en plein centre-ville par un nouveau commerce : à Poissy, pas d’impunité ! Je suis allé rendre à son propriétaire « ses biens » ! La loi se respecte, elle ne s’interprète pas !

 

 

Ces opérations de « retour à l’envoyeur » des dépôts illégaux de déchets ont été initialement lancés en 2014, par un maire d’une commune de l’Oise alors juste élu, rapportait récemment La Gazette en Yvelines :

Le 21 novembre dernier, le maire de Vélizy, Pascal Thévenot (LR), ramène ainsi des carreaux de plâtre dans la cour du domicile d’un administré indélicat. Ce dernier l’assigne au tribunal pour violation de domicile. « Le maire de Vélizy a fait une petite erreur que je faisais avant, et que je ne fais plus, entrer dans la propriété », analyse Christophe Dietrich (SE), maire de Laigneville (Oise).

Cet ancien policier a constaté, à son arrivée en 2014 à la tête de la mairie du village, la difficulté à faire condamner les pollueurs. Il est donc devenu spécialiste, après des enquêtes poussées, de ces opérations de « retour à l’envoyeur » qu’il diffuse ensuite sur internet.

Résultat : de « quatre à cinq dépôts par semaine », il est passé à « un ou deux par an ». Il a envoyé un courrier à Pascal Thévenot pour lui proposer de témoigner au tribunal. Selon lui, le préfet de son département comme la justice voient d’un très mauvais oeil ses actions coup-de-poing : « Mais il y a un vide juridique…»

 

Dans les Yvelines, la procédure suit son cours concernant Pascal Thévenot, qui a comparu ce mardi devant le tribunal correctionnel de Versailles, relate Le Parisien :

« Le dossier est vide et rien ne permet de dire que quelqu’un a pénétré dans les lieux, assure Me Drai. C’est un procès politique contre Pascal Thévenot, il ne repose sur rien et nous demandons évidemment la relaxe. »

Le maire a lui même déposé plainte contre l’habitant, lequel avait été reconnu grâce aux images d’une caméra de vidéosurveillance placée près du chantier et ayant filmé sa voiture et sa plaque d’immatriculation.

« Cela faisait des mois qu’il y avait des dépôts sauvages tous les jours, a rappelé Pascal Thévenot à l’audience. Il avait été décidé de les rapporter dès qu’une personne aurait été clairement identifiée. Depuis le 21 novembre, il n’y a plus eu un seul déchet abandonné sur le chantier ! » Le tribunal rendra son jugement le 14 mai prochain.

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