Île-de-France : emploi, les inégalités femmes – hommes plus fortes en grande couronne

Vendredi 9 mars, l’Insee a publié une étude abordant les inégalités entre hommes et femmes concernant l’accès à l’emploi et les conditions d’emploi en Île-de-France. Si l’Insee constate « des écarts importants » existant « dans les territoires urbains défavorisés », l’organisme public de statistiques note également d’importantes inégalités « dans les Yvelines ou le Sud de la Seine-et-Marne », et estime que la grande couronne francilienne « concentre les plus fortes disparités ».

Concernant les Yvelines, l’Insee attribue ces différences à de nombreux facteurs, développés ci-dessous, dans l’extrait de l’analyse juste publiée :

Dans les Yvelines, les taux d’emploi des femmes comme des hommes sont supérieurs à ceux observés en moyenne dans la région. Ce constat s’explique notamment par un haut niveau de diplôme des habitants. Toutefois, la différence de taux d’emploi entre femmes et hommes est parmi la plus élevée d’Île-de-France dans huit Etablissements publics de coopération intercommunale (EPCI) yvelinois sur vingt (7 à 9 points).

Ces écarts peuvent s’expliquer par une plus forte proportion de familles avec enfant(s), notamment de familles nombreuses, par rapport à la moyenne régionale. Cela entraîne une baisse d’activité des mères.

Dans le Nord du département, les structures d’accueil de jeunes enfants sont peu présentes : plus de la moitié des besoins ne sont pas couverts. Le niveau relativement élevé des revenus des Yvelinois peut être un autre facteur limitant la bi-activité des couples.

Les Yvelines se caractérisent également par une population plutôt âgée où l’activité féminine est moins développée, en particulier entre 55 et 64 ans : le différentiel de taux d’emploi femme-homme atteint 10 points (contre 6,7 points en Île-de-France). Les inégalités femmes-hommes en matière d’accès au marché du travail y sont ainsi renforcées.
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Les inégalités entre femmes et hommes sont plus marquées en grande couronne. Elles portent notamment sur la stabilité des contrats, le temps partiel et les salaires. En grande couronne, la part des femmes en CDD dépasse de 2,5 points celle des hommes (1,1 point en petite couronne) et la part de femmes travaillant à temps partiel est supérieure de 15,7 points contre 11,4 points en petite couronne

Ces différences s’observent surtout dans les territoires plutôt ruraux de la grande couronne (ouest du Val-d’Oise, Yvelines hors axe Seine, ouest et sud de l’Essonne et est et sud de la Seine-et-Marne) où les femmes vivent le plus souvent dans une famille avec enfant(s).

Ces territoires excentrés bénéficient d’un plus faible maillage des transports en commun, et le tissu productif y est moins développé. Dans ce contexte, les actifs doivent effectuer de plus longues navettes pour se rendre sur leur lieu de travail. Autant de facteurs pouvant constituer un frein à l’activité des femmes.

Côté rémunération, le salaire net mensuel médian des femmes ramené à un temps complet est inférieur de 355 euros à celui des hommes en grande couronne, soit plus du double de la petite couronne. Cela s’explique notamment par des différences importantes dans l’occupation par les femmes et les hommes des emplois de cadres. Ces écarts sont particulièrement marqués dans les Yvelines et en Essonne.

Les inégalités de conditions d’emploi entre femmes et hommes sont plus élevées dans les territoires de grande couronne : le centre et le sud des Yvelines, et l’ouest de l’Essonne qui sont les plus dotés en emplois de cadres (au moins un emploi sur quatre). Les femmes et les hommes y ont des logiques d’emploi différentes de celles auxquelles on pourrait s’attendre, au regard de leurs caractéristiques sociales.

Ces comportements accentuent les inégalités. À titre d’exemple, la proportion de femmes en CDD ou à temps partiel y est plus importante qu’attendue, en lien probablement avec les hauts revenus de leur conjoint. La part des cadres est, quant à elle, beaucoup plus élevée qu’attendue chez les hommes. Enfin, les salaires des hommes sont également nettement supérieurs à ceux escomptés.

Le plus fort écart de salaire entre les femmes et les hommes est ainsi observé dans l’EPCI de Gally Mauldre (1 527 euros), dans les EPCI du centre et du sud des Yvelines (1 083 euros dans la Haute vallée de Chevreuse et 817 euros dans l’EPCI Cœur d’Yvelines), puis dans l’EPCI du Pays de Limours en Essonne (708 euros). Ces EPCI ont toutefois la particularité d’être peu peuplés et d’abriter des populations plutôt âgées et très aisées.

SOURCE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE – PREFECTURE D’ÎLE-DE-FRANCECREDIT PHOTO : TR 78

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