Coronavirus: les hôpitaux de vallée de Seine entre organisation et fatigue

Malgré la fatigue, le personnel soignant de vallée de Seine doit faire face à l’épidémie de coronavirus. Des tentes sont installées devant les hôpitaux pour filtrer les patients potentiellement atteints du Covid-19.

À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Depuis l’activation le 6 mars du plan blanc dans les hôpitaux français pour faire face à leur activité accrue en raison de l’épidémie de coronavirus, Covid-19, les centres hospitaliers de vallée de Seine s’organisent malgré la fatigue du personnel.

Outre la déprogrammation des interventions chirurgicales et la restriction des visites, des tentes sont désormais aussi installées devant l’hôpital François Quesnay, à Mantes-la-Jolie, et celui de Poissy Saint-Germain en Laye (Chips) pour filtrer les patients potentiellement porteurs du coronavirus. L’hôpital intercommunal Meulan-Les Mureaux n’a quant à lui pas souhaité évoquer ces mesures.

“On fait un tri pour pouvoir dispatcher les patients”, explique un représentant du personnel hospitalier en vallée de Seine sur l’utilité d’une telle mesure. Cette information est aussi partagée par le président du conseil de surveillance du Chips et maire de Poissy, Karl Olive (DVD). Dans un tweet publié le 18 mars, il déclare en effet l’installation de tentes.

Sollicitée, la direction du groupement hospitalier du territoire (GHT) du nord des Yvelines indique qu’en raison de la “crise sanitaire [actuelle], la communication est une prérogative du gouvernement”. Mais selon nos informations, la situation est “compliquée” pour le personnel hospitalier du Chips.

“On est en pleine crise […], déclare le représentant du personnel hospitalier interrogé. Pour la direction et pour le personnel, ce n’est pas facile à gérer. On est en première ligne du virus”.

S’il refuse toutefois d’être alarmiste et considère que l’hôpital à Mantes-la-Jolie est, pour le moment, “suffisamment au point” pour mobiliser du “personnel supplémentaire” d’ici la fin de semaine, il craint toutefois que l’épidémie de coronavirus n’aggrave la “fatigue” des soignants dont les conditions de travail sont déjà difficiles.

Interrogée par 78 Actu, une soignante de ce même centre hospitalier partage cet avis :

“On est obligé de travailler car nous savons que la moitié minimum des soignants vont être infectés. Actuellement, le virus progresse comme en Italie. 30 à 50% de la population sera infectée. Nous, en France, on le sera autant, voire même plus. Cela dépend de notre tolérance.”

 
L’inquiétude concernant la santé des soignants n’est également pas la seule préoccupation des hôpitaux de vallée de Seine. Comme dans plusieurs centres hospitaliers français, des vols de masques et de gels hydroalcooliques sont redoutés dans ceux de vallée de Seine. “Nous avons eu pour consigne de ne pas les laisser sur les chariots car ils se font voler, affirme la soignante à François Quesnay interrogée par 78 Actu. Difficile de savoir si cela vient des familles ou du personnel car, dans ce type de crise, les comportements sont irrationnels”.

S’il affirme quant à lui ne pas avoir été mis au courant d’éventuels vols, un des représentants du personnel travaillant dans ce même hôpital ajoute toutefois que les “masques sont [désormais] sous clés et distribués par [leurs] cadres”. Selon lui, une nouvelle livraison devrait avoir prochainement lieu.

Le représentant du personnel espère en tout cas qu’à l’issue de cette crise sanitaire, le gouvernement prenne conscience de l’importance des hôpitaux publics. “On a quand même un système de santé en France qu’il faut qu’on conserve”.

SOURCE: TR 78 – 78 Actu CREDIT PHOTO: TR 78

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