Vallée de Seine : deux syndicats de l’interco s’émeuvent d’une nouvelle réorganisation

Le 20 mai dernier, la FAPT et FO, deux des syndicats de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), ont écrit une lettre ouverte à son président Philippe Tautou (LR). Ils y dénoncent les restrictions budgétaires, et leurs conséquences à travers une nouvelle réorganisation à venir dans la jeune intercommunalité de 73 communes, née en 2016 de la fusion de six intercommunalités :

Monsieur le président,

Deux ans, quatre mois et vingt jours que la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise est créée. Deux ans, quatre mois et vingt jours au cours desquels de multiples discours et éditoriaux ont à chaque fois affirmé que la communauté urbaine se structurait, s’organisait et était aux rendez-vous qu’on lui avait fixé.

Un discours résonne encore aux oreilles de tous les agents, où vous affirmiez que nous pouvions être fiers de participer à cette construction intercommunale, où vous attestiez « Vous pourrez dire fièrement, j’y étais ! ».

Deux ans, quatre mois et vingt jours que les agents attendent une organisation administrative posée, durable, pérenne, sur laquelle construire des projets en cohérence avec des politiques publiques. Deux ans, quatre mois et vingt jours que nous voyons inexorablement partir les collègues, trouvant sur le territoire mais en dehors de GPS&O les postes et missions en cohérence avec leurs compétences et leur savoir-être.

Deux ans, quatre mois et vingt jours que le dimensionnement inadéquat des services supports apporte son lot quotidien de dysfonctionnement au préjudice des missions des services métiers mais en tout premier lieu au détriment des collègues travaillant au sein de ces services supports qui ne disposent pas des moyens pour assurer leurs missions.

Deux ans, quatre mois et vingt jours que … La liste est longue et la dérouler pleinement est d’autant peu perspicace que vous la connaissez aussi bien que nous. Monsieur le président, le défi à relever pour la création de cette communauté urbaine était, est et sera colossal. Mais cela ne saurait justifier l’absence d’une organisation posée et durable, et surtout, les conséquences de cette absence que les agents subissent au quotidien.

Derniers exemples en date :
– La gestion du budget primitif 2018, avec des coupes franches venant du sommet qui désorganisent des pôles dont on avait validé quelques mois auparavant la réorganisation, ou qui privent les services des moyens financiers pour la réalisation de politiques publiques.
– La prochaine réorganisation de GPS&O (on ne les compte plus …) qui va recomposer les directions générales adjointes, faire partir des cadres à peine installés dans leurs fonctions, restructurer des services, dissocier des politiques publiques, imposer des mobilités à des agents.

Monsieur le président, les agents de la Communauté urbaine ne sont pas des pions ! Ce sont vos meilleurs alliés pour la réussite du projet de GPS&O. A condition de les associer à la démarche. Ne les considérez pas comme une variable d’ajustement ! Aujourd’hui, les collègues ressentent tous la même lassitude, le même écœurement.

Le sentiment général est que GPS&O est un bateau ivre, qui avance par à-coups au gré des ordres et contre ordres. Vous rêviez d’une communauté urbaine attractive, vous avez une communauté urbaine qui rebute les compétences de ses propres agents. Nous vous demandons de prendre la parole pour informer les agents de la communauté urbaine du projet de GPS&O, projet qui se doit d’être pérenne, stable et suivi.

Les agents sont en première ligne face au public, aux communes, aux partenaires associatifs et institutionnels qui ne comprennent pas où va GPS&O, qui se heurtent quotidiennement aux dysfonctionnements engendrés par l’absence de cap et de ligne directrice claire. Monsieur le président, les agents de GPS&O sont votre force et doivent être votre fierté. Il est urgent d’agir pour eux et avec eux. Deux ans, quatre mois et vingt jours qu’ils attendent.

SOURCE : TR 78CREDIT PHOTO : TR 78

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