L’attentat raciste de Trappes a meurtri de nombreux Français jusque dans leur chair. « La promesse républicaine s’est brisée » regrette Damien Vignier, le maire des Mureaux, qui organisait une minute de silence en solidarité avec les victimes de Kévin T. le 27 octobre. Et si l’émotion qui parcourait les visages pouvait sembler un peu plus forte, « c’est parce que nous sommes deux villes similaires » explique l’élu muriautin.
Tout d’abord, elles sont souvent égratignées dans les médias. Pas plus tard que lundi dernier, Sébastien Chenu, député RN du Nord et vice-président de l'Assemblée nationale, a confirmé les propos de Jordan Bardella tenus il y a quelques années. « Trappes est un foyer de djihadistes » a-t-il balancé dans la matinale de France Inter. « Nous aussi, après le discours sur les séparatismes (prononcé le 2 octobre 2020 aux Mureaux par le président de la République Emmanuel Macron, NDLR), nous avions été pris pour cible. Heureusement, cela s’est vite calmé » se rappelle Damien Vignier.
Une forme de gémélité
Ces deux villes se sont aussi agrandies grâce à une période économique faste faisant venir de nombreux travailleurs de l’étranger. « Notre commune s'est développée grâce à des femmes et des hommes venus de partout, pour travailler, pour élever leurs enfants. Ils ont construit des écoles, des usines, des commerces. Ils ont bâti des villes » assure l’édile. Sema, une Muriautine de 28 ans, abonde dans son sens. « On est connus pour être une ville assez mixte, métissée, culturellement très riche. » En effet, on compte aux Mureaux 85 nationalités différentes, « et je pense qu’à Trappes, cela doit être à peu près identique » ajoute le maire. Lui comme la jeune fille se rejoignent également sur un autre point. « C’est une chose (l’attentat, Ndlr) qui aurait pu arriver ici ! »affirment-ils.
Durant cette minute de silence, la Ville des Mureaux a mis à disposition un livre pour que celles et ceux qui le souhaitent puissent écrire un message de solidarité. « Non au racisme et à la haine » martèle Jonathan. Quant à Wafa, elle exprime « son soutien à Trappes et aux blessés, condoléances à la famille du défunt ». Sema a aussi pris quelques minutes pour rédiger un texte : « J'ai écrit que si seulement on pouvait vivre ensemble, on ne souffrirait pas ensemble. »

« Nous allons ensuite donner ce livre à la Ville de Trappes lors de la marche contre le racisme qui aura lieu ce vendredi » indique Mialy Bordage, adjointe au maire en charge de la lutte contre les discriminations. Une délégation d’élus muriautins sera présente dans le cortège et certains habitants ont aussi fait part de leur envie d’y participer. « Nous sommes en train de voir si on peut louer des bus pour les amener » confie Damien Vignier, qui « ne veux pas d'un hommage qui s'arrête simplement à une minute de silence ». L’élu souhaite que ces messages de paix et de vivre ensemble soient transmis au quotidien « dans des écoles, dans les entreprises, dans les associations, chacun doit prendre sa part de responsabilité ». « Il faut transmettre qu'une différence n'est pas une menace, mais une richesse » insiste-t-il.

