Violences conjugales : un lieu où « pousser la porte et avoir du soutien » aux Mureaux

Après son épicerie solidaire, l’association Espoir de Femmes a décidé d’ouvrir une maison aux Mureaux afin de recueillir les femmes victimes de violences conjugales ainsi que leurs enfants. L’inauguration s’est tenue le 4 septembre.

Leïla Amrouche (au centre à droite) fait visiter les chambres de la maison Espoir de Femmes à Yaël Braun-Pivet (au centre à gauche.

« Ça a changé ma vie. » Yaël Braun-Pivet narre l’histoire de Nadia, victime de violences conjugales, qui a croisé sur sa route l’association Espoir de Femmes. « Cela a été mon rayon de soleil, et m’a permis de construire un avenir plus serein » poursuit la présidente de l’Assemblée nationale. Depuis onze ans, le collectif créé par Leïla Amrouche s’applique à redonner espoir à ces personnes au parcours de vie sinueux. Mais elle souhaitait aller plus loin que ses actions d’épicerie solidaire ou d’ateliers de remise en confiance : trouver un lieu paisible pour que toutes ces femmes puissent se ressourcer. C’est désormais chose faite grâce à cette jolie maison dotée d’un grand jardin de 6 000 m², d’une salle de jeu et de trois chambres assez spacieuses pour accueillir une mère et ses deux ou trois enfants.

 

Que ce soit de leur propre initiative ou rapatriées par les services de gendarmerie ou de la police, ces femmes battues peuvent y rester jusqu’à 72 h. « C’est court mais elles peuvent commencer à régler une partie des problèmes » indique Leïla Amrouche. Ouverture de droit, dépôt de plainte, rendez-vous avec l’unité médico-judiciaire de Versailles, la spirale de la violence se brise enfin même si le combat sera long.

 

 

 

« Il manquait un lieu sur le territoire où une femme pouvait pousser la porte et avoir du soutien » assure Yaël Braun-Pivet. En effet, la maison Espoir de Femmes est la première structure de ce type dans le nord des Yvelines. Et malheureusement, elle prend tout son sens au regard des événements de cet été : plusieurs féminicides sont survenus, dont un dans la commune voisine de Gaillon-sur-Montcient en juin dernier.

 

Un maillage territorial

 

Cet hébergement vient aussi en complément d’autres dispositifs sur le territoire. « On a une unité spécialisée qui est à la maison de protection des familles (MPF, Ndlr), rappelle le lieutenant-colonel Baptiste. Et il y a également trois intervenantes sociales en gendarmerie qui sont rattachées à Rambouillet, Mantes-la-Jolie et Saint-Germain-en-Laye. » D’ailleurs, une salle d’écoute Mélanie – un espace adapté au recueil de la parole des jeunes victimes ou témoins d'agression sexuelle – devrait ouvrir ses portes dans la ville natale de Louis XIV, elle viendra en complément de celle déjà présente dans la cité mantaise. « C’est très important de développer de nombreuses structures qui nous permettent de mailler complètement le territoire et c'est à cela qu'on travaille avec les autorités de l’État » ajoute la présidente de l’Assemblée nationale.

 

Aurore Bergé, absente pour l'inauguration officielle du 4 septembre mais qui a eu le temps de réaliser une vidéo pour l'occasion, abonde en son sens. La ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes précise que « 122 projets sont en cours de réalisation dans 97 départements afin d’atteindre une couverture nationale de 100% ». Des chantiers indispensables car en plus de la centaine de féminicides chaque année, un viol ou une tentative de viol sur une femme a lieu toutes les 2min30.

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