Un « candidat citoyen » réalise un tour de France pour obtenir 500 parrainages

En vue de l’élection présidentielle qui aura lieu en 2027, Benoît Mathieu tente d’obtenir les 500 parrainages indispensables pour se présenter. Depuis plus de six mois, il pédale de village en village pour convaincre des élus du bien-fondé de son projet.

Benoît Mathieu a prévu de recontacter ses 200 sympathisants en février, au moment où les parrainages seront ouverts.

Le 30 mars, Benoît Mathieu a quitté son cocon douillet de Chauffailles (Saône-et-Loire) pour se lancer dans son projet « Cap 500 signatures ». Avec son vélo équipé de deux grosses besaces, dans lesquelles se trouvent un petit réchaud et quelques casseroles, cet ancien professeur de mathématiques de 27 ans arpente les mairies sans étiquette afin d’obtenir les parrainages nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Son périple l’a amené à Rambouillet à la mi-octobre et malgré 6 700 km dans les mollets, sa motivation restait intacte grâce à un discours auquel il croit dur comme fer : « On doit faire de la politique sans les partis. »

 

Réformer les bases de l'État

 

Cette idée a germé dans un coin de sa tête quatre ans auparavant. Le natif de Villeurbanne voit Emmanuel Macron accéder au second tour du scrutin présidentiel avec moins de 10 millions des suffrages. « On est 50 millions de votants, cela fait une grosse proportion de Français qui n'ont pas voté pour lui » s’exclame-t-il. D’après lui, c’est à cause du vote utile que les candidats obtiennent des voix plutôt que par totale adhésion. Au départ, Benoît voulait rédiger un programme socio-économique, « mais je me suis rendu compte que cela avait des grosses limites » analyse le « candidat citoyen ». Il se concentre donc sur les fondations de l’État.

 

Si le Chauffaillon accédait au poste suprême, sa première décision serait de changer le mode de scrutin : « Ce serait un vote par approbation. Un bulletin unique avec une liste de tous les candidats et on raye ceux que nous ne voulons pas. » Ensuite, donner plus de pouvoir décisionnel à la population en instaurant des assemblées citoyennes lors de l’élaboration des lois. « Les conventions citoyennes sur le climat, l’aide sociale à l'enfance ou la fin de vie ont montré qu’on arrive à trouver des consensus forts de façon assez efficace » note-t-il. Cela permettrait aussi d’avoir un « effet IKEA », c’est-à-dire que les gens accordent une valeur disproportionnée aux produits qu'ils ont créés, même partiellement.

 

D'autres projets similaires

 

Benoît Mathieu se base sur ce qui est fait dans des communes alsaciennes comme Berrwiller : chaque année, les habitants participent à des travaux d’intérêt général aux côtés de l’équipe municipale. Il mise également sur l’usage régulier de référendum, à l’image de nos voisins suisses. « Là-bas, ils ont des radars plein les routes, mais au moins ils ont voté pour » rappelle l’enseignant.

 

Actuellement, l’ingénieur de formation compte 200 sympathisants. « Ce ne sont pas encore des promesses, mais ils m’ont demandé de les recontacter » s’enthousiasme le jeune homme de 27 ans. Par ailleurs, d’autres initiatives du même genre fleurissent ces derniers temps. Manolo Mlekuz sillonne l’Hexagone en camion depuis le printemps dernier et revendique une quarantaine de soutiens. « On est en discussion » révèle Benoît Mathieu, un rapprochement n’est donc pas à exclure. L’instigateur de « Cap 500 signatures » doit rentrer dans ses terres de Saône-et-Loire le 12 mars 2027, ce qui lui laissera un bon mois de campagne électoral s’il venait à réussir son pari.

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