« Crime terroriste » à Trappes et La Verrière : un mort et cinq blessés dont trois en urgence absolue

Ce vendredi 23 octobre, vers 10 h 30, un homme a ouvert le feu depuis son véhicule sur des passants à Trappes, puis à La Verrière, tuant une personne et en blessant cinq autres, dont une fillette de 12 ans. Le Parquet national antiterroriste s’est saisi de l’enquête, ouverte pour assassinat et tentative d’assassinat terroristes en raison de l’origine des victimes.

Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes des faits et les motivations de l’auteur des tirs.

Des rafales en pleine rue, vendredi matin, vers 10 h 30 : un homme a tiré depuis son véhicule sur plusieurs personnes, à Trappes et dans le quartier du Bois de l’Étang à La Verrière, à l’aide d’un pistolet-mitrailleur de type Sten. Ce « périple meurtrier » a « duré un petit quart d’heure », selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, venu à Trappes dans l’après-midi avec Aurore Bergé, ministre chargée de la lutte contre les discriminations. « C’est clairement un crime terroriste », a-t-il martelé, reprenant les mots du procureur national antiterroriste.

 

Une fillette de 12 ans entre la vie et la mort

 

Le bilan provisoire est d’un mort et de cinq blessés, « dont trois très gravement, dont le pronostic vital est toujours engagé », selon Laurent Nuñez. La victime décédée se trouvait près d’une aire de jeu, où elle « a rendu visite à sa famille », a précisé le maire de Trappes, Ali Rabeh. Parmi les blessés figure une fillette de 12 ans, « entre la vie et la mort au moment où on se parle », selon l’élu. À Trappes, un homme a aussi été touché dans une station-service. La préfecture des Yvelines précise que le bilan « n’est pas stabilisé ».

 

Le tireur présumé a été interpellé sur la RN 10, à hauteur de Coignières, par cinq policiers de la brigade anticriminalité (BAC), puis placé en garde à vue. Une arme automatique aurait été retrouvée avec lui.

 

L’enquête, confiée au Parquet national antiterroriste, a été ouverte pour « assassinat terroriste, tentative d’assassinat terroriste en raison de l’origine supposée ou réelle des personnes ». Un chef d’inculpation « suffisamment explicite », selon le ministre de l’Intérieur. Interrogé sur des informations selon lesquelles le logement du suspect aurait été piégé avec des bombes de gaz, il a répondu que c’était « effectivement ce qu’on a entendu dire », renvoyant à l’enquête. Les investigations doivent aussi établir si l’auteur a pu bénéficier de complicités. « Il n’y a pas de volonté d’occulter quoi que ce soit dans cette affaire », a-t-il assuré.

 

« L’une des premières tentatives de crime de masse à connotation islamophobe »

 

Ali Rabeh, lui, n’a pas mâché ses mots. « Ce à quoi on a assisté aujourd’hui, c’est objectivement un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe, a déclaré le maire de Trappes. Les gens qui ont été visés aujourd’hui, ça aurait pu être ma mère, mes frères, mes belles-sœurs ». L’élu y voit « probablement l’une des premières tentatives de crime de masse à connotation islamophobe et raciste », même si « l’enquête précisera tout cela ».

 

Il pointe surtout la responsabilité de certains responsables politiques. « Les discours qui arment idéologiquement ceux qui sont capables de passer à l’acte sont criminels et il faut donc les condamner comme tels, affirme-t-il. Les discours qui consistent, qu’on soit ministre, candidat à la présidentielle, député, à expliquer que tous les maux de cette société sont la responsabilité des Arabo-musulmans, eh bien, tous ces discours font des morts. [...] Notre responsabilité à tous, c’est la désescalade, c’est la concorde républicaine ».

 

 

Un message auquel a fait écho Aurore Bergé. « Si cette motivation à caractère raciste devait être retenue, j’espère que toute la nation serait avec les habitants de Trappes, de La Verrière, les victimes, a déclaré la ministre. Nous ne pouvons pas, dans la République française, tolérer le moindre propos raciste, le moindre propos discriminatoire, et nous le savons, les propos peuvent entraîner la violence ».

 

Une cellule d’urgence médico-psychologique a été ouverte à la mairie de Trappes pour accueillir les personnes choquées par les faits.

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