« Cette sanction, en réalité, elle m'honore ». Benjamin Lucas, député Génération.s de la 8e circonscription des Yvelines, ne regrette rien. Le Bureau de l'Assemblée nationale lui a infligé, mercredi 14 octobre, un rappel à l'ordre avec inscription au procès-verbal, soit un quart de son indemnité parlementaire en moins pendant un mois.
Le 7 juillet, lors de l'examen d'une proposition de loi sur la présomption de légitime défense des forces de l'ordre, il avait qualifié de « raciste et affairiste » le parti de la présidente de séance, Hélène Laporte (RN). Il dit s'être exprimé « sans esprit de polémique ».
« Une volonté de nous faire taire »
Hélène Laporte avait dénoncé dès le 8 juillet avoir été prise à partie « d'une façon absolument indigne ». Selon un membre du Bureau cité par LCP, ce n'est pas le contenu des propos qui a motivé les sanctions, mais le fait d'avoir interpellé la présidente de séance. Pour Benjamin Lucas-Lundy, il s'agit d'« une volonté de nous faire taire ». Car il n’a pas été le seul à avoir été rappelé à l'ordre : les trois députés insoumis Alma Dufour, Farida Amrani et Matthias Tavel ont également été sanctionnés pour avoir perturbé la même séance. Il assume d'avoir « défendu la dignité des familles qui étaient en tribune » lors de l'examen de ce qu'il appelle « la loi du permis de tuer ». « Rien ne nous fera taire », assure-t-il.

