Syndicats, soignants et habitants dans la rue pour défendre l’hôpital de Meulan-Les Mureaux

Ce jeudi 24 septembre, un vaste cortège a défilé de l'hôpital de Meulan jusqu'à la mairie des Mureaux pour s'opposer aux fermetures de services préconisées par l'ARS. La décision est attendue pour le mois d’octobre.

Le cortège a été escorté par les forces de l'ordre... qui ont bloqué la circulation sur le pont de Meulan pour l'occasion.

Ils sont venus de Mantes-la-Jolie, de Poissy, et même de Nanterre, arborant les gilets syndicaux de leur fiefs respectifs. Nombreux sont ceux qui ont répondu à l’appel des syndicats à manifester, ce jeudi 24 septembre aux alentours de 10h, pour « sauver » le Centre Hospitalier Intercommunal de Meulan-les Mureaux (CHIMM) et soutenir ses soignants.

 

Dans leur viseur, un audit commandé par l'Agence régionale de santé (ARS) à des cabinets privés préconise la fermeture de trois services de l’établissement : la maternité, la réanimation et la chirurgie. L'ARS doit rendre sa décision en octobre. D'ici là, les personnels entendent peser de tout leur poids.

 

 

« Nous ne voulons plus être victimes »

 

Avant que le cortège ne quitte le point de rassemblement et entame sa marche vers la mairie muriautine, Candice, sage-femme à l'hôpital depuis plusieurs années, résume le scénario qu'elle redoute. « Si on ferme cette maternité, l'activité sera obligée de se répercuter sur les autres maternités alentour, qui sont déjà saturées ». Quelque 750 naissances par an sont enregistrées au CHIMM. « Et tout le monde n'est pas véhiculé, insiste-t-elle. Tout le monde ne peut pas aller en pleine nuit sur une urgence à 20 ou 30 km d'ici ».

 

Ce que craint surtout la sage-femme, c'est un effet domino. « Si on ferme une maternité, on sait ce qui s'est passé ailleurs : petit à petit, on ferme les autres services. La chirurgie, la réanimation, les urgences... C'est une perte de chance réelle pour les gens qui habitent le secteur ».

 

Un collectif citoyen officiellement lancé

 

La mobilisation de ce jeudi n'était pas improvisée. Il y a deux semaines, une conférence de presse lançait le mouvement de contestation, ainsi que la naissance d'un collectif de défense et de développement de l'hôpital, rassemblant syndicats, associations et élus. « Nous ne voulons plus être victimes de l'ARS. Seul un large rassemblement des citoyens, des usagers, des hospitaliers et des élus permettra de faire reculer ces mauvais plans », a lancé Pierre-Arthur, psychomotricien au CHIMM.

 

Parmi les soutiens du jour, Binta Sy, adjointe au maire de Mantes-la-Jolie déléguée à la Santé publique, elle-même soignante à l'hôpital de Mantes, venue en solidarité avec ses homologues de Meulan.  Afzal Chaudry (LFI Les Mureaux), lui, a rappelé que ce n'était pas la première fois que la colère se faisait entendre dans les rues meulanaises. « J'étais déjà là en 2017, quand nous avons manifesté pour sauver la réanimation. Neuf ans plus tard, nous sommes encore dans la rue. Combien de fois faut-il descendre pour se faire entendre ? »

 

D'autres actions sont déjà prévues, avec une marche aux flambeaux déjà annoncée pour le 13 octobre. L'ARS, elle, a jusqu'au mois prochain pour trancher.

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