Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais Linxens est partout. Littéralement. Et on exagère à peine : 8 personnes sur 10 portent sur eux un produit Linxens. En effet, la société née à Mantes-la-Jolie il y a tout juste 40 ans fabrique les puces que l’on trouve dans nos cartes bancaires, dans nos cartes SIM, ou encore dans nos cartes d’identités. « C'est grâce à Linxens que nous avons aujourd'hui les standards GSM, les cartes bancaires partout, les cartes SIM partout, les cartes Navigo… », rappelle Alek Melis.
Une success-story mondiale... et née dans les Yvelines
Ce mercredi matin, dans ses locaux mantais, l'entreprise inaugurait une nouvelle étape de son histoire : une machine de « converting », capable d'assembler jusqu'à 14 couches de matériaux différents avec une précision micrométrique. Pour donner une idée de la complexité en jeu, Alek Melis glisse une comparaison parlante. « Les écrans OLED des iPhones, par exemple, c'est 13 couches. Notre machine peut faire des choses encore plus complexes ».
Le procédé consiste à superposer des couches fonctionnelles (antennes, capteurs, puces) et des couches de protection, pour aboutir à un composant fini, livré en bobine, directement exploitable par le client. Six millions d'euros ont été investis dans cette seule phase du projet. Au total, depuis cinq ans, c'est 10 millions d'euros qui ont été injectés sur le site historique de Mantes.
Patchs médicaux et lutte contre la contrefaçon
À quoi va servir concrètement cette nouvelle unité ? À deux grandes familles de produits, pour l'instant. La première : des dispositifs médicaux connectés. Alek Melis évoque des patchs pour prévenir les escarres, ou encore des électrocardiogrammes portables que le patient garde collés sur lui jusqu'à 30 jours pour un enregistrement continu. « C'est un segment sur lequel Linxens est numéro un », assure le directeur de site.
La seconde famille de produits concerne la traçabilité et la lutte contre la contrefaçon, notamment pour l'industrie du luxe française. Le principe : une étiquette intelligente, intégrée au produit, qui permet d'authentifier son origine. Si quelqu'un tente de l'arracher pour la coller sur un faux, l'étiquette est automatiquement détruite. Chaque pièce dispose d'une identification unique, pour une traçabilité totale.

Une technologie unique en Europe développée à Mantes
Si ce projet démarre à Mantes-la-Jolie, avec l'appui de sites partenaires en Suède et en Allemagne, ce n'est pas un hasard. « C'est notre usine historique, c'est la première usine du groupe, et c'est le site qui a des compétences absolument uniques sur le traitement en surface, la galvanoplastie, les électrodes et les micro-connectiques », explique Alek Melis. Des savoir-faire qui ne se font « nulle part ailleurs en France », et qui ont valu à l'entreprise de disposer de ses propres laboratoires de R&D sur place.
Pour Arnaud Brunetière, directeur général du groupe Linxens, le message est clair. « Le site de Mantes est unique en Europe par l'étendue de ses technologies, et nous investissons chaque année pour renforcer ses capacités d'innovation ». Il décrit une ambition stratégique assumée : « produire pour tous, en transformant des matériaux bruts en solutions intelligentes au service de nos clients à travers le monde ».
L'inauguration s'est tenue en présence du sous-préfet de Mantes-la-Jolie Éric Zabouraeff, de la sénatrice des Yvelines Sophie Primas, ainsi que de Binta Sy, adjointe au maire de Mantes-la-Jolie déléguée à la Santé publique et au handicap. Une assemblée qui témoigne de l'importance accordée à ce projet pour le tissu économique local et pour la souveraineté industrielle française.
D’ailleurs, Sophie Primas n'a pas caché sa surprise. « Je ne connaissais pas votre entreprise, j'ai honte, ça fait quand même depuis 2011 que je suis parlementaire ! s’est-elle exclamée. Mais on a effectivement une pépite cachée, un peu modeste, qui est extraordinaire et dont nous devons être fiers ».

