À Trappes, Emmanuel Macron dénonce un « attentat terroriste raciste » qui marque « un tournant »

Le Président de la République, s’est rendu à Trappes le vendredi 23 octobre dans la soirée, quelques heures après la fusillade qui a fait un mort et cinq blessés à Trappes et La Verrière. Le chef de l’État a dénoncé « un attentat terroriste raciste » et appelé les Français à l’unité.

Pendant sa visite, Emmanuel Macron a rencontré le maire de Trappes, les secours, mais aussi des habitants.

« Ne baissez pas la tête. Vous êtes Français ». C’est avant tout aux habitants de Trappes et de La Verrière qu’Emmanuel Macron a tenu à s’adresser, ce vendredi 23 octobre au soir, face aux micros. Après Laurent Nuñez et Aurore Bergé dans l’après-midi, le président de la République s’est rendu sur place pour rencontrer le maire, Ali Rabeh, les élus, les forces de l’ordre et des habitants, encore sous le choc après le crime terroriste qui a fait un mort et cinq blessés quelques heures plus tôt.

 

« J’aurais pu mourir parce que ma peau est noire »

 

Le chef de l’État n’a pas pris de détour pour qualifier les faits. « Ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est un attentat terroriste raciste, ainsi qualifié par le Parquet national antiterroriste, qui a fait six victimes, a-t-il déclaré. Un homme a été tué ce matin par un de nos compatriotes sur la base d’une idéologie raciste. On a cinq victimes par ailleurs, dont une petite fille de 12 ans qui est en train de se battre à l’hôpital au moment où on se parle ».

 

Pendant sa visite, Emmanuel Macron a rencontré la mère de la fillette, qui lui a confié en pleurs : « J’aurais pu mourir parce que ma peau est noire ». « Ça, ce n’est pas la République, et ça, ce n’est pas la France, a réagi le président. Parce qu’elle est française. Et qu’elle a sa place ici. Et qu’elle n’a pas à se justifier, mais qu’elle a à pouvoir vivre en paix et à aimer ses enfants ».

 

Pour Emmanuel Macron, ces faits ouvrent une nouvelle page. « Ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est un tournant, parce que c’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne », a-t-il affirmé. Selon lui, l’enquête s’appuie sur « une préméditation » et sur des propos tenus par le suspect, « très clairement consignés » dans les premières heures, l’homme ayant « assumé son acte ».

 

« La République tiendra »

 

Au-delà de l’hommage, le chef de l’État met en garde contre un climat qui ne cesse de se tendre. « Nous n’avons rien à céder aux idées qui s’installent dans la République et qui peuvent justifier ce genre de comportement, ou qui créent une atmosphère qui pourrait les justifier », a-t-il insisté. Interrogé sur la montée des extrêmes, il a refusé de « faire de commentaire politique ici », tout en reconnaissant que « le discours ambiant qui parfois s’installe crée une atmosphère » et qu’« il y a aujourd’hui une montée des tensions ».

 

Puis il a répété, comme un mot d’ordre : « Ne baissez pas la tête, parce que la République tiendra. Et n’ayez pas peur, parce que la République tiendra. Il n’y a pas un camp contre l’autre dans cette République. Elle est une et indivisible. »

 

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a accueilli le chef de l’Etat et espérait « des mots aussi forts que ceux de Jacques Chirac sur l’immigration en 2005 ». « Je lui ai demandé d’être clair aussi avec son entourage, notamment avec celles ou ceux qui valident le grand remplacement », a-t-il ajouté.

 

Un périple meurtrier d’un quart d’heure

 

Vers 10 h 30, un homme a ouvert le feu depuis son véhicule sur des passants, à Trappes puis dans le quartier du Bois de l’Étang à La Verrière, à l’aide d’un pistolet-mitrailleur. La personne tuée rendait visite à sa famille près d’une aire de jeu. Parmi les cinq blessés, dont trois très grièvement, figure une fillette de 12 ans, touchée alors qu’elle se trouvait en voiture avec sa mère. Le tireur présumé, Kevin T., 39 ans, a été interpellé sur la RN 10 et placé en garde à vue.

 

Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour « assassinat terroriste, tentative d’assassinat terroriste en raison de l’origine supposée ou réelle des personnes ». Plus tôt dans la journée, Ali Rabeh avait dénoncé « un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe », et mis en cause les discours qui « arment idéologiquement ceux qui sont capables de passer à l’acte ».

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