Trop c’est trop. Depuis la rentrée, les locataires guyancourtois sont en guerre contre leur bailleur social CDC Habitat, qui dispose de 560 logements répartis dans tous les quartiers de la ville. Pannes de chauffage pendant l’hiver, coupures fréquentes d’eau chaude, présence de rats, retards dans les réparations, ils sont à bout, comme Brigitte. « On a une barrière, ça fait 8 mois qu’elle n’est pas réparée, relate-t-elle avec exaspération. Résultat, des voitures qui n’appartiennent pas aux résidents se garent en double file. » Et quand cette cinquantenaire tente d’appeler la police municipale, les fonctionnaires ne peuvent pas intervenir : « Ils me répondent que c’est une résidence privée. » La relation de confiance s’est aussi étiolée en 2024 quand Brigitte a surveillé sa consommation d’eau. À l’arrivée, 3 m3 de trop car « CDC Habitat se base sur la moyenne de consommation d’un foyer ». « Rue Jean-Valjean, des appartements sont remplis de moisissures à cause des infiltrations mais on leur rétorque que c’est à cause d’un mauvais entretien » assure un autre Guyancourtois.
Dans leur malheur, les locataires ont trouvé un allié de poids : leur maire DVG François Morton, qui a décidé de prendre le problème à bras le corps. Le 14 septembre, il a envoyé une lettre ouverte au quatrième bailleur social de France, le sommant d’agir : « Les locataires, eux, respectent leurs obligations et paient leur loyer. En retour, ils sont en droit d’attendre un service de qualité. La responsabilité politique est d’agir. » Sauf que depuis, et c’est le cas de le dire, sa missive est restée lettre morte. Alors l’élu a décidé de passer à l’action 14 jours plus tard. Le voici donc devant le siège social local de CDC Habitat à Montigny-le-Bretonneux, entouré de locataires et d’élus. « J’ai prévenu le maire » s’amuse-t-il. Philippe Tramcourt, membre de la Confédération nationale du logement (CNL) des Yvelines, est là aussi pour les soutenir : « J’ai reçu un compte un compte rendu d’une visite faite dans une résidence. Il [CDC Habitat] constate les faits mais rien ne se passe derrière. »
Le maire reçu par la directrice régionale de CDC Habitat
En haut, au 3e étage, des employés de CDC Habitat regardent par la fenêtre. François Morton sonne afin d’obtenir un rendez-vous, on vient le chercher tout sourire. Une heure plus tard, l’édile revient le sourire aux lèvres : « Le bailleur social a pris l’engagement de répondre en priorité aux trois résidences principales (à la Mare Jari, celle du Parc et Place des Alpes, Ndlr) sous quinzaine » lance-t-il. Pour le reste des logements, de nouvelles visites de terrain seront organisées avec la Ville et le bailleur « afin de collecter tous les éléments ». « Et quand je dis visite, je parle aussi des parties communes » prévient le maire. « On a vu une amorce de dialogue, mais il faut que cela continue » insiste Philippe Tramcourt.
CDC Habitat serait bien inspiré de tenir ses promesses. « La ville de Guyancourt est en évolution, rappelle François Morton. Des nouveaux quartiers doivent sortir de terre comme au niveau de la gare. Donc s’ils veulent participer à la gestion, à eux de respecter leur parole. »

