2 ans après une fermeture forcée, le parcours mythique du Golf national rouvre enfin ses portes

Pour Edouard Bréchignac (à droite), coordinateur des travaux au sein du Golf national, il ne fallait pas reconstruire la tracé de l'Albatros à l'identique.

Le 1er septembre, c’était la rentrée… pour les golfeurs ! En effet, depuis plus de deux ans amateurs comme professionnels rongeaient leur putter dans l’espoir de retrouver les greens du parcours de l’Albatros, fermé dès la fin des Jeux Olympiques de 2024 pour cause de travaux de la ligne 18 du Grand Paris Express. « C’était un grand pincement au cœur » confie Christophe Muniesa, directeur technique national (DTN) de la Fédération française de golf. « Une balafre » pour Edouard Bréchignac le coordinateur des travaux du Golf National où se situe le parcours qui accueillit la Ryder Cup en 2018. Le mot est juste puisqu’une tranchée a été réalisée afin de faire passer un tunnelier dont la tête d’abattage allait creuser de la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines à Versailles-Chantiers, faisant perdre au passage plusieurs centaines de mètres carrés de terrain à cet équipement sportif d’exception.

 

Tant que les travaux de la ligne 18 du Grand Paris Express ne sont pas finis, les bruits des grues et des pelleteuses viendront perturber la quiétude des golfeurs.

 

Toutefois, cette contrainte devait être bénéfique à la transformation. « On ne pouvait pas seulement réparer, une restitution à l’identique n’aurait pas eu de sens sans traiter les enjeux du parcours et du climat », indique Philippe Pilato, le directeur du site. Si tous les trous ont dû être refaits, ce sont les 4, 5 et 6 qui ont subi les plus grandes transformations. Le 4 était déjà « horrible », selon le golfeur professionnel Gregory Havret, mais les deux suivants permettaient « de se reposer » avant d'attaquer la suite. « Le 5 est désormais un monstre », lâche celui qui avait terminé deuxième à l’US Open de 2010.  Avec une distance rallongée de 40 mètres et un green en hauteur difficile pour juger les perspectives, les golfeuses et golfeurs vont devoir bien l’étudier s’ils veulent tenir le par 4. Même sentence pour le 6 avec un visuel cassé par des bosses et des bunkers bien placés pour que la balle finisse bloquée dans le sable.

 

Le retour des événements sportifs

 

L’écologie était aussi au centre de ce chantier XXL de 12 millions d’euros dont 6 pris en charge par la Société des grands projets (SGP), 1,5 million par la Fédération française de golf et une autre part par d’autres acteurs publics que sont la Région et l’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines. Un travail dont s’est chargé Lucas Perré, le greenkeeper du Golf National. « On a choisi des graminées qui prennent en compte les bouleversements climatiques », révèle-t-il. Le système de drainage de ces anciennes terres agricoles de Louis XIV a également été changé, évitant ainsi les prélèvements d’eau d’environ 10 000m3 par an (l’équivalent de 20 piscines olympiques).

 

 

Dorénavant, place au futur. Le Golf National souhaite désormais récupérer la manne financière perdue durant ces deux ans, bien que compensée par la SGP. « L’hôtel se remplit bien grâce aux tour-opérateurs » explique Philippe Pilato dont les équipes n’ont cessé d’écumer les salons professionnels afin de susciter l’envie pour cette réouverture. Le retour des événements comme l’Open de France, du 24 au 27 septembre prochain, devrait aussi être une vraie bouffée d’air frais : la billetterie affiche déjà +30% par rapport à la dernière édition en 2024. Et on se prend également à rêver d’accueillir une nouvelle Ryder Cup. « Je milite pour », glisse Gregory Havret.

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