Vallée de Seine : un député invite Sébastien Lecornu à venir visiter la « mer de déchets »

Député Modem des Yvelines, dans une circonscription comprenant Bonnières-sur-Seine, Houdan et Les Mureaux, Bruno Millienne continue de s’inquiéter de la prolifération des accumulations de détritus dans le département. Cette fois-ci, il réagit à l’impressionnante accumulation de déchets (photo) dans l’ex-plaine maraîchère de Carrières-sous-Poissy, Triel-sur-Seine et Chanteloup-les-Vigne, situation notamment rapportée au sein d’une récente enquête de La Gazette en Yvelines :

Progressivement, des entreprises franciliennes de démolition flairent le filon, et trouvent un accord avec ces habitants, selon de nombreux témoignages… y compris celui du sous-préfet Stéphane Grauvogel, donné aux Triellois lors d’une récente réunion publique portant sur l’évacuation du dernier camp de Roms. Les sociétés amènent les déchets en poids lourd, parfois 20 par jour, et les Roms, qui étaient jusqu’à 600 à vivre là, les transbordaient en camionnette contre paiement.
[…]
Venant de l’Est, il suffit de marcher quelques dizaines de mètres pour tomber sur de petites décharges… avant de découvrir la fameuse « mer de déchets » que plusieurs associations locales, comme Triel environnement, ont rendue publique en juin 2017. Un secteur est réservé aux débarras et aux gravats, parfois amiantés. La présence d’objets issus de bureaux d’un opérateur téléphonique ou d’un office HLM de Seine-Saint-Denis, entre autres, témoignent d’un réseau criminel d’entreprises de taille suffisante pour répondre aux appels d’offres de ces grandes sociétés ou institutions.

 

Bruno Millienne a envoyé ce mercredi 7 mars un courrier à Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat à la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot. Le jeune secrétaire d’Etat est aussi adjoint à Vernon (Eure), commune de la Seine située quelques kilomètres en aval de la circonscription du député des Yvelines. Ce dernier enjoint son voisin à porter son attention sur la « situation inacceptable » de la plaine, et l’invite à venir la découvrir en personne :

En effet, cette ancienne zone maraichère est victime de déchargements de déchets sauvages depuis des années, avec un accroissement devenu préoccupant ces derniers mois. La recrudescence d’incivilités et de pratiques délictuelles sur cette zone portent une atteinte grave à l’environnement et sont susceptibles d’avoir un impact sanitaire et sécuritaire négatif pour les populations riveraines.Je prendrai pour seul exemple l’incendie qui s’est déclenché la semaine dernière.

Au regard des textes en vigueur et de la jurisprudence, il apparait que les propriétaires des terrains ne peuvent voir leur responsabilité engagée et le coût d’opérations de dépollution mis à leur charge. La gestion de la problématique doit s’inscrire dans le cadre d’une politique publique volontariste visant à garantir la sécurité et la salubrité publique, ainsi que la protection des espaces et milieux naturels.

Malgré plusieurs interpellations d’initiatives citoyennes et associatives, dont un courrier en date du 23 juin 2017 (Triel environnement, ASAEECC et Rives de Seine nature environnement) adressé au président de la communauté urbaine GPS&O et au préfet des Yvelines, les habitants de la vallée de Seine demeurent en attente de réponse et d’action.

Le problème des dépôts sauvages est l’affaire de tous. Les propriétaires, tout comme les trois communes concernées, ne peuvent agir seuls. Il est primordial que toutes les parties – Etat, collectivités, associations – partagent leurs expertises et moyens pour que des solutions rapides et efficaces puissent être trouvées. L’urgence est à l’évacuation et au traitement des déchets. Des opérations de nettoyages devront être programmées au plus vite.

De par la gravité et l’urgence de la situation, il revient à l’Etat de mettre l’ensemble des acteurs devant leurs responsabilités et de demander la tenue d’une Conférence territoriale composée de l’ensemble des parties prenantes afin de définir, collectivement, un plan d’action de nettoyage et de dépollution du site, de prévention et de valorisation de cet espace qui pourrait retrouver une vocation agricole au travers de nouvelles méthodes et/ou types de cultures.

Afin que vous puissiez prendre l’entière mesure de la situation,je vous propose, M. le ministre, de vous accompagner sur site pour un déplacement et vous enjoins à mettre en place une réunion de crise avec l’ensemble des parties prenantes. Certain de l’intérêt que vous porterez à cet appel, je reste dans l’attente d’un retour de votre part et vous prie d’agréer, M. le ministre, l’assurance de ma plus respectueuse considération.

 

S’il est le premier à proposer au secrétaire d’Etat une visite en personne dans la plaine devenue décharge, bien d’autres ont déjà alerté le gouvernement par courrier. Quant à la tenue d’une « conférence territoriale », cette proposition est la seconde de ce type a être rendue publique par un élu, l’ancien maire de Carrières-sous-Poissy Eddie Aït (MR) proposant de son côté des « Etats généraux ».

Après les reportages de nombreux médias franciliens depuis bientôt un an, et alors que le nettoiement « tente de s’organiser », la presse nationale commence à s’intéresser à cette décharge sauvage atypique par son ampleur, à l’instar d’un article publié dans Les Echos ce mercredi, qui rapporte les positions des élus carriérois :

« Car beaucoup de questions se posent : faut-il effectuer le tri sur place ou tout transporter par containers ? Avec le diagnostic de l’expertise actuellement menée, nous pourrons savoir comment traiter et à quel coût. Nous espérons pouvoir lancer un appel d’offres vers juin ou juillet et effectuer des demandes de subvention », avance Christophe Delrieu. Eddie Aït, ancien maire de Carrières et conseiller régional d’Ile-de-France, appelle lui à la tenue d’états généraux de la plaine.

Objectif : réunir sans délai tous les partenaires concernés : parlementaires, élus locaux, associations, préfecture, région, département, communauté urbaine et communes concernées. Les associations environnementales, comme Triel Environnement, entendent pour leur part ne pas relâcher la pression.

SOURCE : LA GAZETTE EN YVELINES / LES ECHOSCREDIT PHOTO : TR 78

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