Trappes : les enseignants écrivent au ministre pour protester contre la mairie

Ils ne comprennent pas pourquoi la mairie de Trappes bénéficierait d’une dérogation ministérielle exceptionnelle afin de pouvoir rester à quatre jours et demi de classe en école élémentaire, tout en revenant à quatre jours de classe dans ses écoles maternelles. Ce collectif de 109 enseignants des écoles trappistes (sur 270 au total, Ndlr), appelle à un rassemblement devant l’inspection académique de Trappes, lundi 19 mars.

Ils participeront, le même jour à partir de 18 h, à « l’occupation pacifique » de la mairie, organisée par des parents d’élèves mécontents. Ils demanderont également une interruption de séance, et manifesteront lors du conseil municipal du 27 mars. Enfin, ils ont pris la plume pour faire part de leur désarroi au ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, par une lettre du 9 mars :

En septembre 2015, l’Éducation nationale et la Ville de Trappes ont cosigné un projet éducatif de territoire dont l’un des objectifs fixés était la coopération entre les différents acteurs du système éducatif.

Aujourd’hui, c’est dans un contexte de grande incompréhension et d’absence de concertation avec les familles et le corps enseignant que le maire a décidé de demander votre accord pour mettre en oeuvre une « expérimentation » visant à organiser le temps scolaire sur 4 jours à l’école maternelle et 4,5 jours à l’école élémentaire. Cela représente 108 h d’enseignement annuel de moins pour les élèves de maternelle de REP et REP+.

C’est pourquoi nous tenons à vous alerter sur nos préoccupations concernant un territoire où les équipes enseignantes mettent tout en oeuvre pour préserver les équilibres fragiles au sein de leurs écoles.

A l’heure où des questions importantes portent sur la reprise du pouvoir de l’Éducation nationale sur l’école et où l’école publique est soumise à des tiraillements causés par des intérêts au sein des territoires, faut-il comprendre que les élèves, les familles et les enseignants ne soient pas concernés et qu’ils se retrouvent caution de cette expérience municipale ?

Ici, 80 % des familles trappistes souhaitent le retour de la semaine à 4 jours, la majorité des enseignants s’est prononcée pour l’uniformisation des rythmes sur notre bassin et donc pour un retour à la semaine de 4 jours pour les écoles maternelles et élémentaires. Les délibérations des conseils d’école sont également unanimes.

Faut-il conclure que la municipalité n’accorde aucun crédit aux acteurs de l’éducation et de l’enseignement et qu’elle impose son projet sans entendre les arguments sérieux qui montrent que si cette « expérimentation » a lieu, elle aura des conséquences désastreuses sur un territoire où le public scolaire et les familles sont déjà fragilisés par un contexte social défavorable ?

L’exaspération de parents qui se préparent déjà à fuir les écoles publiques et celle de professeurs qui projettent de participer au mouvement ne feront que déstabiliser encore plus une organisation déjà complexe au sein des établissements et compromettre la stabilité des équipes enseignantes et les équilibres obtenus.

Par-dessus tout, Monsieur le ministre, comment accepter le sacrifice de la réduction du volume horaire des enseignements à l’école maternelle ? Est-ce acceptable quand nous savons l’importance des apprentissages au cycle 1 et les besoins considérables de nos élèves dans les réseaux d’éducation prioritaire ?

C’est de fait une inégalité de traitement contraire au principe d’égalité de la Constitution. L’école publique serait-elle ici la grande oubliée du PEDT ? Monsieur le ministre, nous avons, dans l’intérêt des élèves et des familles, plus que besoin aujourd’hui d’un cadrage national pour uniformiser les rythmes sur une ville déjà suffisamment stigmatisée.

SOURCE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE – COLLECTIF ENSEIGNANTS DE TRAPPESCREDIT PHOTO : TR 78

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