Bonnières-sur-Seine : les élus d’opposition répondent au maire (et accusent)

Ils n’ont pas fini de s’accuser mutuellement. Vendredi 23 février dernier, une vidéo du maire de Bonnières-sur-Seine, Jean-Marc Pommier (DVG, proche de LREM dont il a soutenu la candidate dans le Mantois aux élections législatives, Ndlr), agressant physiquement le chef de l’opposition municipale, Louis Gomez (PS), lors d’un récent conseil municipal, enflammait les réseaux sociaux.

Mardi 27 février, « j’ai été poussé dans mes retranchements », justifiait l’édile en évoquant par ailleurs un deuil récent, dans un long communiqué de presse. Jean-Marc Pommier (à droite sur la photo, Ndlr) y accusait alors ses opposants politiques, membres du groupe Unis pour Bonnières, d’un « jeu de déstabilisation » destiné à le « pousser à bout », et basé sur « des accusations et des attaques mensongères ».

Le principal intéressé, Louis Gomez (à gauche sur la photo, Ndlr), a souhaité répondre aux allégations du maire de Bonnières-sur-Seine, telles que rapportées par Temps Réel 78 :

«  Temps réel 78 » publiait le 27 février 2018 un article intitulé « Bonnières-sur-Seine: « J’ai été poussé dans mes retranchements» se défend le maire dans lequel je suis explicitement mis en cause.

Je conteste vivement les allégations diffamatoires de Monsieur Pommier que vous rapportez. Alors que M. Pommier est l’auteur de violences physiques à mon égard, il tente de minimiser sa responsabilité.

J’ai porté plainte pour diffamation, agression verbale avec menaces et violences physiques. Le code pénal prévoit des sanctions avec emprisonnement et une forte amende pour ce type de violences lorsque l’auteur des faits est une personne dépositaire de l’autorité publique. Ce qui est le cas de M. Pommier en tant que maire.

Si un maire qui est aussi officier de police judiciaire justifie qu’il a exercé des violences parce qu’il a été poussé à bout, cela permettra que chacun puisse a posteriori utiliser ce motif pour justifier des actes violents. Si un maire peut avoir ce comportement, c’est la porte ouverte à tous les abus et à toutes les dérives, c’est la banalisation de la violence.

M. Pommier affirme que j’ai eu l’intention de le faire passer pour un voleur au sujet du dossier de « La canne à pêche », c’est faux. En fait il n’a pas supporté que notre groupe Unis pour Bonnières ait révélé une vérité qu’il a cachée pendant plus de dix ans. Le 15/02/2018, nous avons simplement exercé notre mandat en démontrant que la mairie avait été condamnée sévèrement et sans ambiguïté par un jugement du TGI de Versailles en date du 1er septembre 2015.

Ce procès ; qui aurait pu être évité, a couté plus de 45 000 euros à la commune. Nous avons demandé à M. Pommier de rembourser ces sommes car il est inacceptable qu’elles soient à la charge des contribuables.

C’est lui qui a diffamé notre groupe en déclarant à plusieurs reprises : « Vous défendez des voleurs ». Il prétend avoir été insulté alors que c’est lui qui profère des injures : précédemment, M. Pommier nous a qualifiés de « raclures » sur les réseaux sociaux.

M. Pommier fait également état de lettres anonymes qui auraient des répercussions sur sa famille. Pourquoi n’a t’il pas porté plainte ? C’est ce que ferait tout père de famille. Les conseillers municipaux de notre groupe ne se laisseront pas intimider et nous refusons d’exercer notre mandat sous la menace.

 

Toujours dans son communiqué du 27 février, le maire bonniérois affirmait également que « le harcèlement » dont il faisait l’objet l’était aussi « à titre privé », avançant l’exemple d’une conseillère municipale de l’opposition qui l’aurait suivi dans les rayons d’un supermarché pour le photographier. Celle-ci, Marie-France Antoine, a également souhaité exercer son droit de réponse :

Temps Réel 78 publiait le 27 février 2018 un article intitulé « Bonnières-sur-Seine : “J’ai été poussé dans mes retranchements”, se défend le maire » dans lequel je suis expressément mise en cause. Ledit article faisait apparaître que M. Pommier est victime de harcèlement, et M. Pommier y déclarait qu’en juillet 2017 je l’avais pris en photographie dans un supermarché « cachée derrière un rayon ».

Je conteste vivement les allégations calomnieuses de M. Pommier que vous rapportez. Le 29 juillet 2017, j’avais effectivement été vivement interpellée dans un supermarché par M. Pommier qui m’avait accusée à tort de l’avoir photographié.

Très surprise de son attitude, ses propos m’ayant parus proprement insensés et son attitude menaçante – il déclarait envisager des suites judiciaires -, j’avais relaté ces faits au procureur de la République le 29 août suivant, sur conseil de mon entourage et de la gendarmerie. Mon souhait est de pouvoir exercer mon mandat électif le plus sereinement possible, et de pouvoir me déplacer dans ma commune en toute tranquillité. »

SOURCE : TR 78CREDIT PHOTO : TR 78

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