Achères : soupçons autour de la rénovation de l’usine d’épuration Seine aval

Le scandale a éclaté au grand jour hier dans les médias, qui ont rapporté de nombreuses mises en cause du Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (Siaap) par la justice. En point d’orgue de ces révélations, une enquête diffusée ce mardi soir dans l’émission Cash investigation, sur France 2.

Le sujet ? Des soupçons de fraudes de grande ampleur au sein des marchés publics de fourniture et d’assainissement de l’eau, notamment au Siaap :

Ses six stations d’épuration nettoient les eaux usées de 9 millions d’habitants avant de les rejeter dans les fleuves de la région parisienne. Et ce sont les Franciliens qui paient pour ce travail. Pour un foyer moyen, la redevance est passée de 78 euros à 125 euros par an, soit une forte hausse de 60% en dix ans… Cela pose question.

 

Le même jour, l’hebdomadaire Marianne publiait également une longue enquête, rapportant notamment les soupçons de la justice autour des rénovations de stations d’épuration dont celle d’Achères (photo), par ailleurs touchée par deux incendies ces trois dernières semaines :

Ce sont en effet désormais trois affaires, la réfection de l’usine d’Achères en 2012, celle de l’usine de Clichy-la-Garenne en 2015 et sans nul doute, celle de Valenton en 2017, qui sont instruites, au pénal, par le Parquet national financier (PNF).

 

L’usine Seine aval, qui occupe 800 ha à cheval sur Achères et Saint-Germain-en-Laye, traite 70 % des eaux usées de l’agglomération parisienne, soit 1,5 million de mètres cubes chaque jour. Toujours ce mardi, un article du Monde Diplomatique, revenant sur l’historique des affaires judiciaires liées au Siaap ces dernières années, évoque l’enquête en cours relative à sa rénovation, censée se terminer cette année :

En 2011 une lettre anonyme adressée au Parquet de Paris dénonce des ententes autour des marchés publics du Siaap. Au terme d’un an d’enquête préliminaire, une information confiée aux juges Le Loire et Daïeff est ouverte pour « prise illégale d’intérêt, corruption, trafic d’influence, entente, détournement de fonds publics, abus de bien social… »

Le colossal marché de réfection de l’usine Seine Aval (d’un montant de 773,76 millions d’euros), située à Achères, dans les Yvelines, est attribué en février 2012 au groupement Biosav (Degrémont, filiale de Suez, OTV, filiale de Veolia et Satelec, filiale du groupe de BTP Fayat), qui ont pour assistant à maître d’ouvrage (AMO), le bureau d’études IRH – évinçant un candidat britannique. Des perquisitions sont conduites par la brigade financière dans les locaux de Degrémont, OTV Satelec-Fayat et IRH.

SOURCE : FRANCE 2 / MARIANNE / LE MONDE DIPLOMATIQUECREDIT PHOTO : TR 78

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