À Versailles, la CGT des Yvelines dans la rue contre l’austérité

À l’appel de l’union départementale de la CGT, salariés du public et du privé, retraités et jeunes ont défilé ce jeudi 5 novembre de la gare de Versailles-Chantiers jusqu’à la préfecture, en pleine journée de grève interprofessionnelle. Emplois industriels, services publics et vie chère étaient au cœur des revendications, portées dans l’après-midi jusque dans le bureau du préfet.

Le rendez-vous était donné à 10h au départ de la gare de Versailles-Chantier.

Gilets rouges des métallos, blouses des hospitaliers, drapeaux des cheminots… Ce jeudi matin, le parvis de la gare de Versailles-Chantiers offrait un condensé du monde du travail yvelinois. Entre les agents territoriaux, les fonctionnaires d’État, les salariés de Thales ou de l’usine Stellantis de Poissy, tous ont répondu à l’appel de l’union départementale de la CGT pour marcher jusqu’à la préfecture, avant de rejoindre le cortège parisien. « Tout le monde est présent aujourd’hui pour dire non, pour dire stop à la casse sociale », lance Mathieu Bolle-Reddat, secrétaire général de la CGT des Yvelines.

 

Une colère partie des lycées

 

Cette mobilisation s’inscrit dans un mouvement national. La CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU appelaient ce jeudi à une grève interprofessionnelle contre le projet de budget 2027, qui prévoit quelque 54 milliards d’euros d’économies, avec notamment le gel des prestations sociales et du point d’indice des fonctionnaires. Une contestation née à la rentrée dans les lycées, puis dans les universités. « Dès le début, la CGT a été là en soutien et en protection », assure Mathieu Bolle-Reddat. Avant que les revendications ne se rejoignent : « Celles des salariés sont complètement convergentes avec celles de la jeunesse ».

 

Plusieurs syndicalistes ont pris la parole avant le départ du cortège.

 

Le syndicaliste fustige « un gouvernement de casse sociale, d’une brutalité absolue ». « On veut un budget de croissance, pas un budget d’austérité, martèle-t-il. On veut qu’on libère nos salaires et nos pensions, le blocage des prix et la défense de nos services publics. La priorité doit aller à l’hôpital et pas au Rafale. »

 

Poissy, Flins, Meulan… Les dossiers yvelinois sont nombreux

 

Dans les Yvelines, la CGT pointe un département « extrêmement attaqué ». Côté industrie, le syndicat évoque 1 000 emplois supprimés dans les usines de Poissy et la menace de fermeture qui pèse, selon lui, sur le site de Flins. Côté services publics, il dénonce les fermetures annoncées des maternités de Trappes et de Meulan-Les Mureaux, ainsi que les menaces sur la chirurgie et la réanimation de l’hôpital intercommunal. « On ne lâchera pas l’affaire, prévient Mathieu Bolle-Reddat. S’il faut camper à Noël, on campera à Noël. On ne laissera pas démanteler nos maternités, notre chirurgie, notre réa pour les populations du nord des Yvelines. »

 

À l'arrivée, une délégation a été reçue par le préfet Brice Blondel.

 

Une délégation de métallurgistes et d’agents du service public devait être reçue par le préfet à l’issue du défilé. « Qu’il nous écoute et qu’il fasse remonter au gouvernement les problèmes dramatiques qu’il y a dans les Yvelines », attend le secrétaire départemental.

 

Au micro, devant les manifestants, Mathieu Bolle-Reddat a aussi eu un mot pour les victimes de l’attentat raciste de Trappes et de La Verrière, survenu le 23 octobre. « Le monde ouvrier doit montrer qu’il ne laissera pas passer le fascisme et les suprémacistes », a-t-il lancé. Avant de s’en prendre au Rassemblement national, qui « se prétend dédiabolisé, mais derrière la vitrine, on sait ce qu’il y a : la haine, les meurtres, les ratonades, l’antisémitisme, mais aussi la haine anti-ouvrière et la haine envers les femmes ».

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