Réunions publiques, référents de quartier… Pendant toute sa carrière d’élu, Karl Olive a eu l’occasion, à maintes reprises, de rappeler son appétence pour les outils de « démocratie de proximité », comme il les appelle lui-même. Alors quand le député de la 12e circonscription reçoit, au mois de mai dernier, un SMS de Mehdi Adhes et Cyril Andrino présentant leur projet d’application « Le Vote Français », il n’hésite pas une seconde. « Ma boussole, c’est le terrain, répète l’ancien maire de Poissy comme un mantra, ce mercredi 4 novembre, dans sa permanence parlementaire. Et il n’y a rien de tel que la proximité ».
Un « réseau social » de la politique locale
Le principe est simple. Une fois l’application téléchargée, l’utilisateur vote « pour » ou « contre » à des consultations proposées par son député ou son maire, et peut même les commenter. Les citoyens peuvent aussi soumettre leurs propres questions. « Les utilisateurs ont un profil, ils peuvent commenter, interagir, s’envoyer des messages privés... Finalement, c’est un réseau social », résume Mehdi Adhes, cofondateur.
Premier sondage posé par Karl Olive sur Le Vote Français : « Êtes-vous favorable à ce que les casseurs paient les dégâts qu’ils causent ? ». Plus de 200 personnes avaient déjà voté mercredi. Le député a déjà d’autres idées de consultations tant nationales que locales, de l’interdiction de se masquer le visage en manifestation au pont d’Achères, en passant par un éventuel stade du PSG à Poissy. « Je veux être conforté, que ce soit une validation », explique-t-il, tout en prévenant : « si je m’aperçois que ce n’est pas utile, on arrêtera ».
Des données protégées
Si l’utilisateur doit fournir son adresse e-mail et son adresse postale, qui permet de le rattacher à sa circonscription, il peut également ajouter son nom, son genre, son âge, sa situation familiale, son nombre d’enfants et sa profession. Des informations dont ni l’entreprise ni les élus ne disposeraient individuellement, selon Mehdi Adhes. « On protège la donnée, et ce n’est pas quelque chose auquel nous-mêmes avons accès. Ni nous, ni monsieur le député », assure-t-il, précisant que les données sont hébergées en France. L’élu, lui, reçoit des résultats anonymisés, mais détaillés. « On va pouvoir savoir qui vote où et quels sont leurs profils, par tranche d’âge, catégorie socioprofessionnelle, centre d’intérêt », détaille le cofondateur.
Reste la question de la fiabilité. Mehdi Adhes décrit un système « complètement infalsifiable », sur le principe « un téléphone, un vote », avec des donnée hébergées en France.
Un « outil précieux »
Gratuite pour les utilisateurs, l’application se finance par un abonnement payé par les élus sur leurs frais de mandat. Si des députés et maires de tous bords ont été contactés par les fondateurs de l’application, qui assurent être « apartisans », leurs premiers clients sont des députés du bloc central. Karl Olive, lui, compte bien jouer les ambassadeurs : il doit présenter l’application ce vendredi aux maires de sa circonscription, lors de son traditionnel petit-déjeuner des élus, et assure en avoir parlé à plusieurs collègues députés et à des conseillers de l’Élysée. De leur côté, les fondateurs prévoient des campagnes de publicité et des partenariats avec des influenceurs politiques pour faire adopter leur application, qui n’en est qu’à ses débuts.
Karl Olive, lui, en convient : « Ce n’est pas un référendum. Ce n’est pas une élection. C’est un outil ». Un outil qui arrive à huit mois des prochaines législatives, et alors que l’élection municipale de Poissy, qu’il avait perdue, a été annulée par le tribunal administratif, une décision dont la maire a fait appel. « Élection ou pas élection, je considère que c’est un outil précieux », assure le député.

