« La boxe, un besoin vital » pour le champion du monde de kickboxing Youssef Amrani

Devenu champion du monde de kickboxing en septembre dernier dans la catégorie poids lourds, Youssef Amrani ne peut que savourer le chemin qui l’a mené à ce titre. En effet, le sportif de 36 ans a failli abandonner dès son premier combat il y a deux ans et demi.

Youcef Braham (à gauche) en train d'entraîner le champion du monde de kickboxing Youssef Amrani.

Le 20 septembre 2026 restera désormais une date à marquer au fer rouge pour Youssef Amrani. Dans la catégorie poids lourds, l’homme de 36 ans est devenu champion du monde de kickboxing en battant l’Allemand Joel Bauer aux points. Pourtant, rien ne prédestinait ce grand gaillard d’1,91 m pour 107 kg de repartir d’Autriche avec la ceinture de vainqueur.

 

Youssef Amrani est reparti d'Autriche avec la ceinture de champion du monde poids lourds de kickboxing. Crédit Photo : DR.

 

 

Né à l’hôpital André-Mignot au Chesnay-Rocquencourt, il grandit à quelques kilomètres de là, à Guyancourt, dans le quartier du Pont-du-Routoir. Pour éviter de voir ses enfants traîner, son père les envoie se défouler au sport. « J’adorais le foot. Je jouais libéro » se souvient Youssef. Il est un tantinet bagarreur mais évite de s’attirer des problèmes, « sinon Momar Niang me tirait les oreilles ». Momar, c’est un de ses voisins qui habite quelques étages plus bas et qui gère le club de boxe l’Éclipse. « C’est le premier qui m’a fait confiance » explique Youssef.

 

Le Guyancourtois débarque alors dans le monde du « noble art », un véritable coup de foudre : « la boxe est devenue un besoin vital. » Youssef s’entraîne sérieusement mais ne ressent pas l’envie de participer à des compétitions de prestige. « Peut-être que je n’étais pas assez mature » analyse le champion du monde. Il s’autorise même une pause de quatre ans avant de reprendre le chemin des rings au Fight Boxing de Dammarie-les-Lys (Seine et Marne), sous la houlette de l’ancien champion de France de full contact, Youcef Braham. Avec lui, il perfectionne ses points forts. « Je lui apprends à être plus chirurgical. Il a un bon coup d’œil et une bonne allonge, aussi bien avec les pieds qu’avec les mains » explique Youcef Braham.

 

Un premier combat terrible

 

Dans cette salle, Youssef découvre la rigueur. Chaque jour, il reste au moins 1h30 pour faire de la corde à sauter, soulever des roues de camion, effectuer des tractions tout en étant lesté d’une chaîne en métal de 10kg et bien sûr, combattre. « Je le prépare à toute éventualité, indique son coach. Dans un exercice, quand il prend deux coups, il doit en rendre trois, c’est important s’il n’y a pas de KO. »

 

« Youcef me sert aussi de soutien moral » avoue l’enfant du quartier du Pont-du-Routoir. Il y a deux ans et demi, Youssef prend part à son premier combat sous les couleurs de Dammarie-les-Lys mais tout ne se passe pas comme prévu. Il tombe sur le champion de France en titre qui le bat. « Après ce combat, je voulais tout arrêter, mais Youcef a su trouver les mots justes » se remémore l’Yvelinois de naissance. Un discours qui fait mouche puisqu’il reste sur trois victoires d’affilée face à cet adversaire. « Maintenant il m’appelle « ma bête noire » » glisse-t-il en souriant.

 

Fraichement auréolé de son titre de champion du monde, Youssef Amrani se sent prêt à remettre son titre en jeu : « Aujourd’hui, je sais que j’ai le niveau pour recommencer un championnat du monde. » Même s’il n’est pas près de raccrocher les gants, le boxeur prépare tranquillement sa reconversion. Le mercredi, il entraîne les plus jeunes, dont sa fille, Assia. Celle-ci marche déjà dans les pas de son père : à 13 ans, elle a décroché son premier titre de championne de France.

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