Son déplacement et sa parole étaient particulièrement attendus. Mais il faudra finalement s’armer d’encore un peu de patience. Le mardi 20 octobre, le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France devait se rendre au Centre hospitalier intercommunal de Meulan-Les Mureaux (CHIMM) pour un conseil de surveillance exceptionnel, afin d’aborder les menaces de fermeture de services qui planent sur l’établissement.
Cécile Zammit-Popescu, maire de Meulan-en-Yvelines et présidente de la Communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise, avait prévu de lui remettre une motion votée par plus de 20 communes du territoire de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise… mais selon la Ville de Meulan-en-Yvelines, la réunion a été annulée en raison « des événements de ce weekend qui continuent à mobiliser les services de l’État ». Le week-end du 17 octobre a en effet été marqué, à Paris et dans d’autres villes, par une mobilisation contre la vie chère, des violences et des pillages.
« La santé de nos habitants mérite une mobilisation collective »
Cette rencontre était attendue après des semaines de tension : l’audit commandé par l’ARS aux cabinets Capgemini et Vi-Santé, présenté au conseil de surveillance du 2 juillet, propose la diminution puis l’arrêt progressif de la chirurgie, la réduction progressive des soins critiques, l’arrêt de l’obstétrique et l’augmentation des capacités de médecine. Il a provoqué plusieurs mobilisations de soignants, d’habitants et d’élus, dont la marche aux flambeaux du 13 octobre.
« Dès les premières inquiétudes concernant l’avenir du CHIMM, j’ai souhaité rassembler les maires et les conseils municipaux afin que notre territoire parle d’une seule voix », explique Cécile Zammit-Popescu dans un communiqué. La maire ne nie pas les difficultés. « Nous sommes bien conscients de la situation financière catastrophique et du manque d’attractivité de l’établissement, mais la santé de nos habitants mérite une mobilisation collective des élus locaux, responsable et constructive ».
Une rencontre reportée au mois de novembre
La motion rappelle l’ancienneté de l’hôpital, son rôle de proximité pour une population parfois très éloignée de l’offre de soins, la paupérisation de son bassin de vie et les nombreuses constructions de logements prévues. Elle demande à l’ARS des délais raisonnables avant toute décision, des propositions à l’échelle des trois hôpitaux du Groupement hospitalier de territoire Yvelines Nord (Meulan-Les Mureaux, Mantes-la-Jolie, Poissy-Saint-Germain), et aucune action avant les élections présidentielle et législatives de 2027, afin d’éviter toute « récupération politique ».
En effet, si la maire soutient les soignants impliqués dans la lutte initiée il y a quelques semaines, elle distingue les rôles et dénonce la présence des partis politiques. « Concernant les manifestations de ces dernières semaines, que les personnels hospitaliers se mobilisent autour de leurs syndicats, c’est parfaitement légitime. Chacun son rôle et ses moyens d’action. En revanche, que des partis politiques extrémistes agitent des drapeaux opportunément à la veille d’élections présidentielle et législatives, c’est lamentable. La situation est grave, il s’agit pour les élus locaux d’agir en responsabilité et de rester des interlocuteurs crédibles auprès de l’ARS ».
Les élus saluent par ailleurs le travail de la communauté médicale, qui aurait dû présenter mardi un projet destiné à préserver et développer des activités répondant aux besoins de la population. Cette présentation aura lieu lors d’un prochain conseil de surveillance, vraisemblablement en novembre, en présence du directeur général de l’ARS.

