Élection annulée à Poissy : la campagne est déjà lancée

Suite à l’annulation du dernier scrutin municipal pisciacais par le Tribunal administratif de Versailles, les candidats perdants remobilisent déjà leurs troupes… pendant que la maire, Sandrine Berno Dos Santos, compte sur son appel auprès du Conseil d’État.

Les prochains mois promettent d'être agités à Poissy.

L’annonce a eu l’effet d’une bombe à Poissy. Le jeudi 8 octobre à la mi-journée, le Tribunal administratif de Versailles a purement et simplement annulé la dernière élection municipale dans la cité Saint-Louis. Il a suivi les recommandations du rapporteur public, qui proposait l’annulation du scrutin suite au recours de Mathieu Paranthoën : le candidat divers gauche accusait un rival situé à sa gauche, Maxime Legrand, de s’être prévalu de soutiens dont il ne disposait pas.

 

« Assurer la sincérité du vote »

 

Si la maire Sandrine Berno Dos Santos a aussitôt annoncé faire appel auprès du Conseil d’État, les candidats défaits du scrutin ont attendu la fin de l’après-midi pour réagir... et signer ce qui ressemble déjà à l’acte II de la campagne municipale pisciacaise.

 

Mathieu Paranthoën, à l’origine du recours, s’est dit « satisfait » du jugement, soulignant que sa liste Mieux Vivre Poissy n’avait eu « qu’un objectif : faire respecter le code électoral et assurer la sincérité du vote ».

 

Un an d'inéligibilité pour Maxime Legrand

 

Maxime Legrand, lui, a une tout autre lecture de la décision. Condamné à un an d’inéligibilité par le tribunal, le candidat de Poissy Debout ! conteste la sanction, qu’il juge « disproportionnée au regard des faits reprochés », et annonce consulter ses avocats avant de décider d’un éventuel appel. Sur le fond, il assure que les soutiens incriminés (le Mouvement des citoyens, le Parti radical de gauche et le Rassemblement de la Gauche Républicaine) n’ont pas été remis en cause par les juges, et que ses liens personnels avec François Hollande et Bernard Cazeneuve sont réels. Des « maladresses de bonne foi », dit-il, nullement destinées à nuire à la sincérité du scrutin. Malgré tout, il ne perd pas de vue l’avenir : « la campagne électorale de Poissy Debout ! pour d’éventuelles élections en 2026 ou en 2027 commence aujourd’hui », écrit-il dans un communiqué publié dans la soirée. Il va même plus loin, en demandant officiellement à Sandrine Berno Dos Santos d’inviter ses colistiers à démissionner pour accélérer la tenue d’un nouveau scrutin.

 

Karl Olive sera « au rendez-vous »

 

Du côté de Karl Olive, candidat malheureux du second tour et ancien maire de la ville, on ne perd pas de temps non plus. Son groupe Génération Poissy est on ne peut plus clair : « nous serons au rendez-vous », écrit-il dans un communiqué. « Nous présenterons une liste de rassemblement, ouverte, renouvelée et profondément ancrée dans notre ville. L’heure n’est ni aux divisions ni aux règlements de comptes. L’heure est au rassemblement ».

 

Reverra-t-on un duel entre les deux anciens édiles au second tour ? Mathieu Paranthoën parviendra-t-il, cette fois, à franchir la barre des 10 % ? Avec quelle incidence sur le résultat final ? Il est bien trop tôt pour répondre : il faudra d’abord attendre l’examen de l’appel de Sandrine Berno Dos Santos, avant d’envisager l’organisation d’un nouveau scrutin.

 

Mais une chose est sûre : la dernière campagne a laissé des traces, entre luttes fratricides, coups bas et procédures en cascade. Si second round il y a, il promet d’être particulièrement tendu. À moins que Mathieu Paranthoën ait raison, lui qui appelle de ses vœux des « campagnes électorales qui se déroulent dans le respect des règles, afin de garantir l’équité entre les candidatures, la juste information des électeurs et une période de campagne constructive et républicaine ».

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