Il y a des chantiers qui font date. Celui de l'école Maupomet, dans le quartier éponyme de Mantes-la-Ville, en fait partie. Construite dans les années 1930, la bâtisse n'avait jamais connu la moindre rénovation sérieuse. Quasiment un siècle de simple vitrage, de déperditions thermiques en tous sens, de sanitaires en fond de cour.
2,1 millions d'euros et douze mois sans fermer
Ce vendredi 25 septembre, le maire de Mantes-la-Ville Sami Damergy inaugurait officiellement la fin du chantier. « Une école en travaux, c'est pas difficile. Une école en travaux sans jamais fermer, c'est un véritable défi », a-t-il lancé lors de son discours. C'est pourtant le parti pris qui a été tenu : pendant toute la durée du chantier, enfants, enseignants et familles ont continué leur quotidien scolaire pendant que les entreprises travaillaient autour d'eux. Deux millions d'euros ont été mobilisés pour cette opération, financée à hauteur de 70 % par le Conseil départemental des Yvelines, soit le maximum autorisé par la loi, que Pierre Bédier, président du Département, a tenu à rappeler avec une pointe d'autodérision.
Une école inscrite dans les "10 projets d'avenir"
Le résultat est visible : isolation thermique complète des bâtiments, extension de 70 mètres carrés pour intégrer les sanitaires et dégager de nouveaux espaces pour la direction et l'accueil, point d'eau dans chaque classe, accessibilité renforcée... L'identité de l'école a été préservée, tandis que ses équipements, eux, ont enfin rattrapé le XXIe siècle.
Maupomet n'est pas un chantier isolé. Il s'inscrit dans le programme des "10 projets d'avenir" lancé par la municipalité pour rattraper des années de retard d'investissement. La plupart de ces projets sont désormais en phase finale. Interrogé à la sortie de la cérémonie, Sami Damergy évoque les deux derniers grands dossiers ouverts. « Il nous reste un CVS à terminer, et le gros sujet, c'est le gymnase, incendié en 2021, pour lequel on lance les travaux en octobre ».
« Que cette école soit un lieu de réussite »
Côté symbolique, la DASEN a rappelé l'étymologie du mot "Maupomet", "lieu de terre ingrate" ou "pommier peu généreux", pour mieux souligner le paradoxe : c'est précisément ici, dans ces murs rénovés, que l'on cultive « les fruits les plus précieux de notre société ». Une salle sensorielle doit encore être installée, ouverte à tous, pour permettre à chaque enfant de trouver sa place dans l'école.
« Investir dans nos écoles, ce n'est pas une dépense. C'est un investissement dans l'avenir de nos enfants », a conclu le maire. Les 111 élèves de Maupomet, eux, n'ont probablement pas attendu la fin des discours pour en être convaincus.

