Quand les agriculteurs locaux purifient l’eau des nappes phréatiques

Depuis 2022, le groupe Suez a mis en place un dispositif pour les agriculteurs. En échange de limiter l’usage des pesticides, ils reçoivent une contrepartie financière. Une initiative qui permet aux nappes phréatiques de mieux se porter.

Grégory Breuck (au centre à droite) au côté des équipes de Suez sur le site de Flins-sur-Seine.

L'or bleu. Vu les dernières températures estivales, l'eau n'a jamais aussi bien porté son nom. Et comme toute ressource précieuse, il faut en prendre soin et la préserver. C'est la mission du site de Suez à Flins-sur-Seine puisqu'il peut fournir en eau 500 000 habitants - voire 500 000 de plus si un établissement voisin rencontre des problèmes – en pompant chaque année 30 millions de m³ d'eau. Alors pour remplir cet objectif, l'entreprise noue des partenariats avec des agriculteurs locaux grâce aux paiements pour services environnementaux (PSE), un dispositif étatique mis en place en 2023. Ainsi, sur la base d'indicateurs de résultats, ils sont incités à réduire l'usage des herbicides et augmenter les surfaces en herbe. Ils restent libres des moyens à mettre en œuvre et bénéficient d'un accompagnement technique à la demande pour atteindre leurs objectifs.

 

Afin d'être efficient, Suez a établi une zone prioritaire sur sa surface d'alimentation de captage des nappes phréatiques. Elle se trouve au sud de la Seine et représente 4 500 ha sur les 10 000 dont dispose le spécialiste de l'assainissement de l'eau. 35 exploitants s'y trouvent et 9 ont accepté de contractualiser sur trois ans. Parmi eux se trouve Grégory Breuck. « Un passionné », comme il se définit lui-même. Cet homme de 41 ans a eu la bonne idée de lancer son exploitation en 2019 à Bazemont, « juste avant que la guerre en Ukraine ne commence » ironise le fan de trail. Il doit aussi composer avec d'autres contraintes : « Ce ne sont pas des terres très fertilisantes. Si on sort 70 quintaux de blé par an, c'est déjà bien. »

 

Entre 5 000 et 7 000 euros par an

 

Pour subsister, Grégory a choisi de diversifier son activité en proposant une pension pour chevaux et d'autres prestations de services. « Actuellement, en termes de chiffres d'affaires, c'est du 50-50 entre les chevaux et les terres agricoles » révèle le gérant. Sur la quarantaine d'hectares dont il a à disposition, 16 sont désormais considérés comme des prairies. Cependant, en réduisant les pesticides, il note l'apparition du séneçon de Jacob, une herbe toxique pour ses canassons : « Elle adore la sécheresse. Je vais devoir réaliser un traitement localisé. »

 

 

 

Ses bonnes pratiques lui ont rapporté sur les trois dernières années entre 5 000 et 7 000 euros, une somme qui permet à son exploitation d'être viable, mais aussi à effectuer des travaux comme la création d'un espace de stockage de 800 m². « Et il est déjà trop petit » glisse-t-il avec le sourire. Les PSE devraient être renouvelés pour les cinq prochaines années et Grégory Breuck a déjà hâte de signer son nouveau contrat avec Suez. En plus des agriculteurs, l'entreprise française agit également sur la qualité des nappes phréatiques. Après l'avoir pompé, elle renvoie l'eau débarrassée de ses impuretés dans des lacs de rétentions dont le fond est tapissé de sable, ainsi une double filtration s'opère avant de retourner à son lieu d'origine.

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