Il ne verra pas cette édition, mais il l’a en partie dessinée. Disparu cette année, Jean-Pierre Vignola, fondateur de Blues sur Seine, a élaboré avec Arnaud Bel la programmation de ce 27e cru du festival itinérant de la Vallée de Seine. « Passionné, découvreur et bâtisseur de liens, Jean-Pierre aurait, je le sais, été fier de cette édition », écrit Chantal Cippelletti, présidente du festival, dans son édito. Pendant deux semaines, son héritage va résonner de Conflans-Sainte-Honorine à Fontenay-Saint-Père, dans des théâtres, des médiathèques, une église et même chez Emmaüs.
Charlie Winston en ouverture
Pour lever le rideau, le festival a misé sur un nom bien connu du public français. Le vendredi 6 novembre, au théâtre Simone-Signoret de Conflans-Sainte-Honorine, Charlie Winston se présente seul en scène, une première en dix-sept ans de carrière. Ses chansons y sont dépouillées de leur habillage électrique et réinventées dans l’instant. En première partie, Lila-May, 18 ans à peine, mêlera héritage soul et pop moderne.
Le lendemain, Fatoumata Diawara fait escale à l’espace culturel Jacques-Brel de Mantes-la-Ville. La chanteuse malienne y défendra la liberté des femmes, entre deux morceaux à danser. Le même soir, le Théâtre de Poissy accueille Tyreek McDole, 26 ans, nouvelle voix du jazz vocal américain, dont le baryton chaleureux est souvent comparé à celui de Gregory Porter.
Une légende du funk à Limay
Les amateurs de groove ont rendez-vous le mercredi 11 novembre à Limay, avec Fred Wesley. Le tromboniste de James Brown, pionnier du funk, présente un trio tourné vers ses racines jazz. Le désert s’invite aussi au festival, le 10 novembre à Saint-Germain-en-Laye, avec les guitares hypnotiques des Touaregs d’Etran de l’Aïr. À Achères, le 13 novembre, la chanteuse-guitariste Jessie Lee et son groupe convient Yarol Poupaud, ancien guitariste de Johnny Hallyday, pour une soirée de « guitar heroes ».
La suite du programme réserve encore de belles surprises : la basse d’Étienne Mbappé, qui marie country-folk et rythmes camerounais au conservatoire Quincy-Jones de Mantes-la-Jolie, le Chicago Blues Festival à Triel-sur-Seine ou encore un concert de gospel sous les voûtes de la collégiale de Mantes-la-Jolie pour refermer le festival, le 21 novembre.
Des concerts gratuits et 350 écoliers harmonicistes
Fidèle à son ADN, Blues sur Seine ne se contente pas des grandes salles. Plusieurs soirées au Boucanier, à Mantes-la-Jolie, sont gratuites, tout comme la finale du Tremplin, le dimanche 15 novembre à l’Espace Brassens, où quatre jeunes groupes tenteront de succéder à Étage 70. Les médiathèques accueillent aussi des rencontres musicales.
Le festival a également passé l’automne dans les écoles. Depuis septembre, plus de 350 élèves de primaire apprennent l’harmonica et le chant blues avec des artistes, et monteront sur scène en lever de rideau de plusieurs concerts. Des concerts sont également organisés pour des publics éloignés de la culture, comme à l’accueil de jour Declic, à Mantes-la-Jolie. Une façon de rester fidèle à l’esprit de celui qui, selon la présidente du festival, « aimait véritablement les gens ».
Pour prendre vos billets en ligne, cela se passe sur blues-sur-seine.com. Les tarifs vont de 6 € à 40 € selon les concerts. Billets également disponibles via le Pass Culture pour les 15-18 ans.

