Attentat raciste à Trappes : plus de 200 personnes rassemblées en hommage à Pengo Bossio Wangi

De nombreux habitants de Trappes et alentours se sont réunis ce samedi 24 octobre, au square Louis-Pergaud, pour rendre hommage à Pengo Bossio Wangi, tué la veille lors de l’attentat terroriste raciste qui a frappé la ville et La Verrière.

L'hommage a été organisé par Assa Traoré et le Collectif pour Adama. (Crédit : Ligue des Droits de l'Homme Versailles - Saint Quentin en Yvelines)

Les regards étaient lourds, les gorges nouées, ce samedi 24 octobre à Trappes. Alors que la ville se remet à peine de l’« attentat terroriste raciste » ayant fait un mort et cinq blessés la veille, les habitants se sont retrouvés au square Louis-Pergaud pour honorer la mémoire de Pengo Bossio Wangi, mortellement touché à proximité.

 

C’est dans ce lieu qu’Assa Traoré et le Collectif pour Adama (mouvement associatif et militant créé après la mort d’Adama Traoré, le 19 juillet 2016, à la suite de son interpellation à Beaumont-sur-Oise) ont donné rendez-vous à tous ceux qui souhaitaient se recueillir. Parmi eux, des membres de la famille du défunt, de nombreux habitants et des personnalités politiques, dont Fatima Cuny, co-responsable du groupe Nord-Yvelines d’Europe Écologie Les Verts, et la députée LFI Mathilde Panot. « Oui, les mots tuent, et j’ose espérer dans ce pays qu’un réveil va se faire, a déclaré cette dernière. Il est temps de se réveiller dans le système politico-médiatique pour redire que la France ne sera jamais une couleur de peau. Toutes les couleurs de peau sont françaises ».

 

« Leur discours a tué dans ma ville »

 

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, qui avait accueilli Emmanuel Macron la veille, s’est lui rendu ce samedi à Orléans pour rejoindre la manifestation contre le Rassemblement national, qui y tenait son congrès. « Le bras qui a frappé hier, c’est un individu isolé, mais ça ne vient pas de nulle part, il a été armé idéologiquement, a déclaré l’élu lors de la manifestation. Certains ont alimenté un discours qui lui a donné envie de passer à l’acte. Ceux qui ont dit que ma ville, c’était Kaboul, les habitants de ma ville étaient des ennemis de l’intérieur, qu’il n’y avait à travers que des islamistes, des immigrés, alors que nous sommes une ville cosmopolite et fière de l’être. Et là est rassemblé dans cette ville un parti antisémite et raciste. Il faut les dénoncer partout, les traquer partout où ils vont, où ils sont, parce que leur discours tue. Et hier, leur discours a tué dans ma ville ».

 

Ce que l’on sait de l’attentat

 

Vendredi 23 octobre, vers 10 h 30, un homme de 39 ans a tiré en rafales depuis sa voiture sur des passants, à Trappes puis à La Verrière, avec un pistolet-mitrailleur de type Sten. Pengo Bossio Wangi, 26 ans, combattant amateur de MMA originaire de Poissy, a été mortellement touché à proximité du square Louis-Pergaud. Selon le parquet national antiterroriste (PNAT), cinq personnes ont été blessées, dont une fillette de 12 ans. Le suspect a été interpellé par la brigade anticriminalité à Coignières.

 

Le PNAT s’est saisi de l’enquête pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante d’une motivation raciste. Le suspect a été placé en garde à vue, tout comme un membre de son entourage familial direct, selon le parquet.

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