Les écrans, le protoxyde d’azote, la cigarette, le cannabis… La liste est longue, et Rémi Engrand la connaît par cœur. « On sait bien qu’aujourd’hui, les jeunes sont exposés à tout un tas de tentations », constate l’adjoint au maire de Chanteloup-les-Vignes délégué à la culture et à la politique de la ville. Alors pour leur en parler, pas question de faire une conférence ni de sortir les brochures : après l’égalité filles-garçons l’an dernier, c’est une fois de plus la Fête du manga des Yvelines qui parle de sujets de société aux jeunes avec cette fois, le thème des addictions au menu.
« La France est le deuxième pays du manga au monde »
L’idée est née d’un constat partagé avec les élus, les professionnels de santé. « On a remarqué qu’il y avait un souci sur la question des addictions, avec des conséquences assez graves, quelles que soient les addictions, explique Albert Drandov, chargé de mission pour l’association Mémoire et BD, à l’initiative de l’événement. Et on s’est dit que le support du manga était un bon élément pour travailler sur ce thème ».
Le choix n’a rien d’un hasard. « L’année dernière, il s’est vendu 37 millions de mangas en France, rappelle Albert Drandov. La France est le deuxième pays du manga au monde. Il y a une véritable culture du manga ». Et pour lui, aucun sujet n’est hors de portée du genre. « Le manga parle de tous les sujets de la Terre, et ceux-là en font partie ».
En amont de l’événement, les jeunes chantelouvais se sont essayés au dessin dans le cadre scolaire, en représentant un personnage dans le style manga, avec une addiction. Les plus représentées ? Les écrans, la cigarette, les réseaux sociaux, ou encore le sucre ou le cannabis. Une addictologue tenait d’ailleurs un stand sur place toute l’après-midi pour permettre à ceux qui le souhaitaient d’en parler.

Ateliers, dessins et coin lecture
Au-delà de son aspect social, l’événement était avant tout une célébration de l’art du manga, et pour les adeptes du genre, il y avait de quoi se faire plaisir. Une dizaine de mangakas étaient présents pour ceux souhaitant se faire tirer le portrait ou tout simplement en savoir plus sur leur travail, tandis que la librairie L'Echappée bulle proposait une large gamme d’ouvrages, autant de classiques que de pépites françaises. Des ateliers pour s’essayer au dessin étaient également au programme, tout comme des coins lecture pour ceux souhaitant simplement découvrir la collection d’une centaine de mangas proposée pour l’occasion.
Côté municipalité, on y voit le moyen idéal de toucher un public parfois difficile à atteindre. « En tant qu’adultes, et en tant que collectivité plus particulièrement, notre rôle, c’est de mettre en place des politiques de sensibilisation et de prévention, souligne Rémi Engrand. Nos jeunes consomment du manga, ils lisent du manga, ils respirent et vivent manga. Avec cet outil-là, pour nous, c’est prendre la bonne porte, le bon chemin pour les amener vers les bons messages ».

