Au Chesnay-Rocquencourt, la géothermie allège la facture des habitants de la copropriété de Parly 2

Depuis juin dernier, 9 000 logements du Chesnay-Rocquencourt, dont 7 500 de la copropriété de Parly 2, se chauffent grâce l’eau présente dans les sous-sols de la commune. Ce qui permet aux habitants de réaliser entre 10 et 20% d’économie sur leur facture énergétique.

Bien que raccordée au réseau de chaleur de Parly 2 depuis juin dernier, la centrale Geomy3 a été inaugurée le 20 octobre.

Dans les sous-sols français, il n’y a pas de pétrole, mais de l’eau chaude. Et comme l’or noir, elle peut servir d’énergie : c’est ce qu’on appelle la géothermie. Parly 2, la plus grande copropriété d’Europe, qui compte plus de 7 500 logements au Chesnay-Rocquencourt, a commencé à étudier cette possibilité il y a dix ans, lasse de voir sa facture énergétique fluctuer. « Nous avons souffert en 2022 avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie », explique Dorothée Bilger, présidente du conseil syndical principal de Parly 2.

 

Lors de l’assemblée générale d’octobre 2022, la copropriété valide le plan de rénovation thermique de ses trois chaudières et de ses 29 sous-stations, pour un coût de 12 millions d’euros sur douze ans. « Chaque copropriétaire verra ses charges baisser. L’investissement est largement compensé par la baisse du coût de l’énergie » promet Dorothée Bilger.

 

Une économie de 18 500 tonnes de CO₂

 

Dans la foulée est né un partenariat public-privé, Geomy3, dont l’actionnariat se répartit ainsi : 75 % pour Engie Solutions, 14 % pour le Département des Yvelines, 6 % pour la Ville du Chesnay-Rocquencourt et 5 % pour Parly 2. Engie Solutions s’occupe alors du forage, situé dans un virage de la route de Saint-Germain, qui descend à 1 500 m de profondeur. Avec l’installation de la centrale géothermique, le coût total de l’opération s’élève à 35 millions d’euros, dont 8,5 millions ont été subventionnés par l’Agence de la transition écologique (Ademe).

 

Depuis juin 2026, tout est enfin raccordé. Parly 2 produit désormais 71 GWh (gigawattheures) par an dans son réseau privé de 20 km, soit la consommation d’une ville de 10 000 habitants. Le gain écologique est également important : 18 500 tonnes de CO₂ sont évitées chaque année, l’équivalent des émissions de 9 500 véhicules thermiques. Enfin, ce système évite à la France d’importer 6 millions de m³ de gaz par an. Cependant, la copropriété va garder un mix énergétique de 30% de gaz afin de s'assurer que les habitations soient toujours chauffées en cas de panne de la centrale géothermique.

 

D'autres centrales géothermiques en cours de travaux

 

Voici comment il fonctionne. Une pompe récupère l’eau à 61 °C. Celle-ci subit ensuite un traitement afin de faire baisser son pH. « C’est une eau basique (son pH est supérieur à 7, NDLR), ce qui endommage les tuyaux » explique Clément Arqueros, le responsable département chez Engie Solutions. Deux pompes à chaleur réhaussent sa température à 75 °C avant de l’envoyer dans le réseau de chaleur de Parly 2. Après avoir chauffé les appartements, l’eau, dorénavant à 44 °C, fait le chemin inverse et termine son cycle à 2,5 km de son point de prélèvement. « C’est une distance qui lui permet de se réchauffer jusqu’à sa température initiale », indique Clément Arqueros. Sans cette, une « bulle froide » pourrait se former : en s’élargissant, elle finirait par atteindre le puits de production, ce qui réduirait la température de l’eau extraite et, à long terme, la rentabilité du système.

 

 

En tout, 9 000 logements du Chesnay-Rocquencourt bénéficient de la géothermie, ainsi que les écoles de la commune et l’hôpital Mignot. Le reste de la ville devrait être raccordé dans les prochaines années grâce à un autre projet de centrale géothermique, VerdY, qui alimentera aussi Bailly, Noisy-le-Roi, La Celle-Saint-Cloud et Bougival.

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