Cette chercheuse ignymontaine a été récompensée pour son travail sur la cybersécurité

Johanna Loyer, une chercheuse de 27 ans originaire de Montigny-le-Bretonneux, a remporté le prix Jeunes talents L’Oréal-Unesco pour ses travaux sur la cybersécurité. Elle a réussi à trouver des failles que les futurs ordinateurs quantiques auraient pu exploiter.

Johanna Loyer fait partie des 35 jeunes scientifiques retenues sur 800 candidates. Crédit Photo : Fondation L’Oréal

Son métier : étudier la cryptologie, la science du secret. Au lycée Émile-Breteuil de Montigny-le-Bretonneux, Johanna Loyer s’imaginait déjà devenir scientifique. « Il m’a fallu un peu de temps pour trouver ma voie car je voulais être astronome ou climatologue » révèle la jeune femme de 27 ans. Finalement, elle trouve sa vocation dans l’informatique, un choix judicieux puisqu’elle vient de décrocher le Prix Jeunes talents L’Oréal-Unesco le 7 octobre 2026 à l’Académie des sciences à Paris.

 

La révolution quantique

 

La post-doctorante à l’Inria de l’université Paris-Saclay peut être fière d’avoir reçu cette récompense : elle fait partie des 35 lauréates sur 800 candidates. Si ses travaux ont retenu l’attention, c’est parce qu’ils portent sur un sujet d’actualité : la cybersécurité. Dernier exemple en date, cet été, quand des hackers se sont amusés à pirater le site de l’Éducation nationale à quelques jours de la rentrée. « Heureusement, ils [les hackers] ne s’attaquent pas au chiffrement dans lequel se trouvent toutes les données sensibles » indique Johanna.  Tous les jours, nous sommes confrontés à ces chiffrements. Le cas le plus parlant reste celui du paiement en ligne. Dans notre carte bleue se trouve une petite puce qui évite de se faire voler nos données bancaires. Mais ce temps pourrait être révolu à cause de l’ordinateur quantique.

 

« C’est un nouveau type d’ordinateur qui est capable d’utiliser des raccourcis et donc de casser les chiffrements actuels » prévient Johanna.  L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) tablant sur une arrivée de cette nouvelle technologie en 2035, elle planche déjà sur une modernisation des protocoles de sécurité afin d’arriver à une standardisation en 2027. Plusieurs d’entre eux ont été éprouvés et la docteure en informatique a décidé de faire sa thèse sur les survivants. « Est-ce qu’on n’a pas été trop naïfs sur les méthodes de calculs ? théorise-t-elle. On s’est basés sur des attaques classiques, donc sans ordinateur quantique, et par-dessus on rajoutait un peu de quantique. Moi, j'ai considéré dès le départ que tout était quantique. »

 

Un travail de l'ombre

 

Sa théorie s’avère vraie car elle finit par trouver des failles. « On a des seuils de sécurité fixés à plusieurs milliards d’années. Eh bien moi ; j'ai trouvé qu’en fait, c'était un peu moins. Donc il fallait augmenter les paramètres de sécurité du chiffrement » indique Johanna. Ses recherches vont donc servir l’ANSSI, un travail de l’ombre qui l’amuse beaucoup : « Quand j'étais petite, j'ai eu ma phase espionne. »

 

Si Johanna a reçu 20 000 euros grâce à son prix, elle ne pourra les utiliser que pour parfaire son domaine d’expertise. Assister à des conférences partout dans le monde afin de se « tenir au courant des dernières avancées », organiser des séminaires entre scientifiques ou mener un projet de recherche mêlant trois expertises différentes (sécurité, mathématiques et physique quantique) avec un unique but : que les secrets les mieux protégés le restent à jamais.

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