« Jusqu’alors, l’école était sacrée ». C’est en évoquant le choc du 16 octobre 2020 que Raphaël Prats, maire de Conflans-Sainte-Honorine, a ouvert vendredi dernier la cérémonie d’hommage à Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie du collège du Bois d’Aulne, assassiné il y a six ans par un terroriste islamiste. Élu en mars et lui-même ancien élève de l’établissement, il présidait là sa première commémoration.
Dans son discours, Raphaël Prats a décrit l’école comme « ce lieu que nous imaginions sanctuaire », où l’on dépose chaque matin « ce que nous avons de plus cher ». Il a eu une pensée pour Dominique Bernard et pour les victimes de l’école juive de Toulouse, ainsi que pour la communauté musulmane, « qui souffre de ce que sa religion ait pu être dévoyée, salie par des fanatiques ». Il a aussi remercié les agents de la ville, « en première ligne en 2020 », les policiers municipaux, les enseignants du collège et même son prédécesseur, Laurent Brosse.
« Rendre vivante la mémoire de Samuel Paty »
La cérémonie était portée par les cornemuses de l’orchestre des sapeurs-pompiers des Yvelines et par l’orchestre du conservatoire de Conflans. Autour des Conflanaises et des Conflanais se trouvaient des représentants des institutions, dont la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, la sénatrice des Yvelines Ghislaine Senée, ou encore Raphaël Glucksmann, candidat à l’élection présidentielle, et son soutien Yannick Jadot, ainsi que des élus locaux.
Gaëlle Paty, la sœur de Samuel Paty, elle-même enseignante, avait confié à la municipalité le vœu de « rendre vivante la mémoire de son frère ». « De quoi la mémoire de Samuel Paty est-elle le nom ? Sinon celui si noble de la jeunesse », a lancé le maire. Concrètement, la Ville s’engage à tendre la main aux jeunes par la culture, la prévention, l’inclusion, l’art, le sport, la santé mentale et l’écoute. « C’est se battre pour ce qu’il défendait et c’est se consacrer à celles et ceux qu’il chérissait chaque jour, ne lâchant rien. »

