Trois mois que les amateurs de courses d’endurance extrêmes attendaient ce moment. Tout était fin prêt le 12 juillet, mais la canicule avait reporté l’organisation du premier Ironman 70.3 de Versailles. Pourtant, ce laps de temps n’a pas eu raison de l’engouement de l’événement sportif. Alors qu’il fait encore nuit ce 11 octobre, les spectateurs commencent déjà à rallier le grand canal du château de Versailles, point de départ des 1 400 athlètes (dont 40% d’étrangers). « Je suis debout depuis 5h30 » indique Mathilde, « 6h pour moi » ajoute sa copine Lola. Toutes les deux sont venues encourager John, dit « Bibou » d’après la pancarte que l’une d’elles tient dans ses mains, ainsi qu’une vingtaine de licenciés du Versailles Triathlon. « On est là à chaque compétition » assurent les deux jeunes femmes.
À 8h du matin, les sportifs s’élancent petit à petit dans une eau où le thermomètre affiche 15°C. Sur les visages, peu de doutes, au pire les encouragements de la foule dissipent les plus hésitants. Thibault Vellard, directeur général d’Ironman France, n’est pas surpris de voir autant de monde le long des parcours : « À chaque fois qu'on a une épreuve, c'est un projet familial, c'est un athlète qui s'entraîne beaucoup. Donc ça implique des sacrifices au niveau familial et il y a toujours beaucoup de familles, d'amis. »
Les organisateurs ont aussi tout fait pour qu’une bonne ambiance règne durant la compétition, quitte à piocher dans certains clichés de la ville-préfecture. Par exemple, dans le village Ironman, qui coupait une partie de l’avenue de Paris, on pouvait croiser Chloé et Laurène, déguisées en Marie-Antoinette. « Nous sommes des comédiennes, là ça change de d’habitude » indique la première citée. Elles sont également allées soutenir les participants. « Merci Votre Altesse » répond un des coureurs au « allez » de Chloé. « C’est touchant, on a l’impression d’être attachées à eux alors qu’on ne les connaît pas » s’enthousiasme Laurène.

Vers une nouvelle édition
La star du jour se nomme Mathieu Gallet. Représentant le TC Douai, ce professeur d’EPS en collège n’a pas caché sa joie en arrachant littéralement la ligne d’arrivée. « Les conditions étaient parfaites » indique celui qui est venu à bout des 1,9 km de nage, des 90 km de vélo en vallée de Chevreuse et du semi-marathon dans les rues de Versailles en 3h58’54’’. Il pourra au passage s’enorgueillir d’être à jamais le premier vainqueur du « plus bel Ironman de l’histoire » d’après Thibault Vellard. Chez les femmes, c’est l’Allemande Hella Haak qui monte sur la plus haute marche du podium avec un temps de 4h33’33’’.
À la fin des festivités, aux alentours de 18h, une question est déjà sur toutes les lèvres : quid de la deuxième édition ? Le directeur d’Ironman France reste quelque peu évasif : « Aujourd'hui, l'idée, c'était vraiment d'implanter un semi-Ironman à 70.3 en région parisienne. » En revanche, il ne cache pas son envie de recommencer dès l’année prochaine après « avoir tiré les enseignements de tout cela » et pourquoi ne pas passer un jour sur la distance reine de 140,6 miles cumulés.

