Marc Lévy de retour à la librairie du Pincerais pour "Les Évadées", son roman le plus engagé

L'auteur français le plus lu au monde était à Poissy le vendredi 2 octobre, pour présenter son nouveau diptyque : une œuvre nourrie par une rencontre avec une inspectrice d'Interpol et par la colère que lui inspire la guerre menée aux chercheurs outre-Atlantique.

Le rendez-vous était donné sous les coups de 18h dans la librairie pisciacaise.

Il y a trois ans, il avait rempli la librairie du Pincerais pour « La Symphonie des monstres ». Ce vendredi 2 octobre, Marc Lévy est revenu à Poissy, et ses lecteurs étaient au rendez-vous : plusieurs dizaines d'entre eux étaient massés dans la librairie pisciacaise pour une vingtaine de minutes d'échanges, avant la traditionnelle séance de dédicaces.

 

Cette fois, le roman qu'il présente est différent des précédents, ne serait-ce que dans sa forme : « Les Évadées » sort en deux parties (la première disponible depuis le 22 septembre, la seconde attendue le 15 octobre) chez Robert Laffont. Une première pour lui.

 

Une rencontre qui a tout déclenché

 

Tout est parti d'une conversation. Marc Lévy raconte qu'il a été mis en contact avec une inspectrice d'Interpol basée à Lyon, qui lui a accepté un rendez-vous. Ce qu'elle lui a raconté ce jour-là l'a saisi : son travail consiste à traquer des milliers de jeunes qui disparaissent chaque année, happés par des réseaux de cybercriminalité en Asie du Sud-Est. « Des milliers de gens qui disparaissent : ils sont où ? On n'est pas dans X-Files, on est dans la vraie vie », s’est-il étonné.

 

 

De cette rencontre naît le personnage de Cécile, inspectrice Interpol qui enquête sur ces disparitions depuis Lyon. Face à elle, sa sœur jumelle Olivia, chercheuse à Cambridge, qui se heurte à la censure scientifique et aux coupes budgétaires.

 

La rage contre l'obscurantisme

 

Mais « Les Évadées » porte aussi une autre colère, plus politique. Marc Lévy vit aux États-Unis depuis longtemps : il a même la double nationalité. Quand Donald Trump est revenu au pouvoir et a nommé à la tête du ministère de la Santé Robert F. Kennedy Jr, un homme sans aucune formation médicale et qui a déclaré que « le temps était venu d'arrêter d'écouter les experts », quelque chose s'est brisé en lui.

 

« J'ai eu très envie d'écrire un roman au cœur du monde des chercheurs qui tout à coup se retrouvent montrés du doigt comme des criminels », a-t-il avoué lors de l’échange avec les lecteurs, absorbés par son récit. Il cite Anthony Fauci, le médecin qui a géré la pandémie de Covid aux États-Unis, « un très grand scientifique qui a sauvé des millions de vies », et qui a récemment été convoqué devant le Sénat américain. « Dans mon quartier, il y avait 700 morts. Les soirs, on voyait les camions venir chercher les corps. » Les chercheurs de l'Institut Pasteur, avec qui il entretient des liens depuis des années en tant qu'ambassadeur, lui ont servi de modèles pour le roman.


Un roman engagé, donc, mais surtout un thriller politique qui ne demande qu’à être dévoré : rendez-vous dans un peu moins de deux semaines pour en découvrir la deuxième partie.

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