Il est 13h30, ce mercredi 30 septembre, quand les premiers spectateurs pénètrent dans l’écrin flambant neuf du Cinéparadis, entre la rue Général de Gaulle et la rue d’Angiviller. Dix-huit personnes sont au rendez-vous pour la toute première séance : Digger, Garance, Notre Salut… Il y en a pour tous les goûts. Et pour un grand nombre d’entre eux, un seul mot résume le moment : « enfin ». Sept ans que la ville attendait ça, depuis que le Vox avait baissé son rideau, laissant Rambouillet sans cinéma de centre-ville.
18 mois de travaux
Depuis, les fausses promesses s'étaient accumulées : ouverture annoncée au printemps 2025, puis début 2026, puis à l'été, et enfin à la rentrée. Le 16 septembre était la dernière date retenue… raté encore : la commission de sécurité avait rendu un avis négatif, les abords du bâtiment étant encore en chantier, posant un problème d'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. « Ça fait longtemps que je suis dans le métier, et je savais que ça ne passerait pas. Là, c’était la bonne », lâche une Judith Reynaud soulagée. La propriétaire des lieux et gérante du réseau Cinéparadis était au four et au moulin pour accueillir les cinéphiles rambolitains ce mercredi après-midi, et leur présenter leur nouvel écrin.
Dix-huit mois de travaux auront été nécessaires pour transformer une parcelle de 1 120 m² en plein cœur de ville en un complexe de cinq salles. Le chantier n'a pas été simple : un sous-sol difficile a imposé des fondations spéciales, tandis qu’un mois de février très pluvieux a retardé la toiture. Mais le résultat est là, avec une façade en béton et parement en pierre validée par les Bâtiments de France.

« Les salles sont très confortables »
« C'est un très bel objet architectural, pensé par des architectes spécialistes de cinéma en collaboration avec l'Architecte des bâtiments de France, souligne Judith Reynaud. Les salles sont très confortables, on ne se rend pas compte de l'extérieur, mais les volumes sont vraiment généreux ».
Cinq salles de 50 à 165 places composent le Cinéparadis de Rambouillet, toutes équipées de projection laser et d'un son 7.1. La salle 5, dite « premium », propose même des fauteuils inclinables avec tablette.
Quant à la programmation, elle sera généraliste avec une ambition art et essai.« L'idée, c'est de faire au moins 20 % de séances art et essai par an, pour avoir le label », explique Judith Reynaud qui ajoute que les films en VO et en VF seront proposés en alternance. Les tarifs, eux, vont de 5,60€ pour les tout-petits à 10,90 € en tarif plein. Mais des cartes prépayées de 4 ou 7 entrées permettent de voir le coup de la séance baisser à 7,80 et 7,30€.

Mais on le sait, les débuts ne se font pas sans accroc. Dix minutes après le début de la première séance de Notre Salut, les lumières se rallument dans la salle. La climatisation de la cabine de projection ne fonctionnant pas, la chaleur avait déclenché la sécurité automatique. « Ça peut arriver, c'est pas grave, on est bien installés », lance un spectateur, amusé. Ils seront finalement déplacés dans une autre salle, repartant avec une contremarque. Plus tard, en salle 4, le son se révèle insuffisant… puis le film bascule en japonais sous-titré. Une maman vient alors le signaler à l’accueil : « mon fils ne sait pas lire ! »
Judith Reynaud, elle, allait de salle en salle, saluait les premiers spectateurs, gérait les imprévus. Rien de bien méchant : l’attente fut telle que rien ne pouvait entamer l’enthousiasme des Rambolitaines et Rambolitains. Encore moins celui de Catherine Moufflet, maire adjointe chargée des affaires culturelles, qui a également passé une tête en début d'après-midi et s’est dite « ravie » que la ville se dote d’un tel équipement culturel. Sept ans après la fermeture du Vox, on la comprend.

