C’est un permis de construire inhabituel qu’a validé la municipalité de Vélizy-Villacoublay l’année dernière : un data center de 7 MW IT (mégawatts informatiques) associé à une résidence étudiante, en lieu et place d’une friche industrielle attendant désespérément preneur depuis la crise du secteur tertiaire. L’idée peut être saugrenue mais le maire de la commune, Pascal Thévenot, n’a pas flanché lorsqu’il a dû apposer sa signature pour qu’Altarea sorte ses deux bâtiments de terre, le premier fin 2027, le second pour la rentrée 2028. Car ces projets, d’un coût de 100 et 40 millions d’euros respectivement, contribueront au développement de la ville.

Thales, Dassault, Altran, Vélizy-Villacoublay regorgent de sociétés qui ont besoin de stocker leurs données. « Elles peuvent avoir envie de se connecter à des data centers proches car cela réduit les temps de latence » explique l’élu. Cependant, l’annonce de la création de data centers fait parfois l’objet de réticence. « Ce serait moche, ça consomme de l’eau et ça prend énormément de surface au sol » énumère Edward Arkwright, le directeur général du groupe Altarea. Si le beau reste une notion subjective, l’architecte Silvio d’Ascia s'est attaché à ce que l'édifice s'intègre parfaitement dans son environnement : aucune excroissance technique, 5 serres végétales visibles depuis l’extérieur et une isolation phonique afin d’éviter les nuisances sonores. En effet, cela serait dommage de perturber les révisions estudiantines par des bruits de serveurs.
Les deux bâtiments pensés comme un écosystème
Juste à côté se trouvera donc un immeuble s’élevant sur 7 niveaux. 363 nouveaux studios qui devraient rapidement trouver preneur puisque Vélizy-Villacoublay dispose de son propre Institut universitaire de technologie (IUT) et se trouve non loin de plusieurs campus comme celui de l’Université de Versailles-Saint-Quentin. 4 unités commerciales sont prévues au rez-de-chaussée ainsi que 400 m² d’espaces communs (coworking, laverie, cafétéria). « Nous sommes confiants quant à l’occupation future de cette résidence », garantit Aude Debreil, la directrice générale de CDC Habitat qui gérera cette résidence. Les loyers seront compris entre 370 et 740 euros et les locataires pourront bénéficier des APL.
Mais ce qui rend ce projet ingénieux, c’est que les deux bâtiments sont en interaction l’un avec l’autre. La chaleur fatale du data center va être directement injectée dans le réseau de chaleur urbain de Vélizy-Villacoublay et contribuera notamment au chauffage de la résidence étudiante voisine. « Il [Le data center] peut inciter des entreprises à s’installer à Vélizy-Villacoublay. Et comme elles auront besoin de stagiaires ou d’alternants qui seront juste à côté » démontre Pascal Thévenot.
Par ailleurs, il faudra s’attendre à l’avenir à d’autres constructions de ce type. « L’Île-de-France est sous-dotée en data center. Face aux besoins numériques grandissants, nous avons une dizaine d’autres projets » assure Ludovic Planté, co-directeur général de Nation Data Center, filiale du groupe Altarea.

