« C’est beau », « ça rend bien », les qualificatifs élogieux étaient de sortie le 25 septembre pour l’inauguration du nouvel hôtel de ville de Rosny-sur-Seine. Il faut dire que le bâtiment en jette. Cet ancien belvédère appartenait à la famille Osmond et servait de lieu de villégiature du peintre réaliste Camille Corot. Mais les outrages du temps ont eu raison du caractère pittoresque du lieu. Les propriétaires parlent alors de le céder à la commune et des discussions débutent avec Michel Guillamaud (maire entre 2014 et 2018 et décédé en cours de mandat) à une condition : qu’il ne soit ni détruit ni vendu à un promoteur immobilier.
Il fallait avoir le coup d’œil pour imaginer cette surface de 2 Ha devenir fonctionnelle pour les agents municipaux et l’intégralité des Rosnéennes et Rosnéens. « Quand Pierre-Yves Dumoulin (ex-maire de 2018 à 2026, Ndlr) m’en a parlé, je lui ai dit qu’il avait le derrière pas sorti des ronces » s’amuse Pierre Bédier, le président du département. Littéralement en effet, car les ronces empêchaient bel et bien d’ouvrir les portes grillagées. Après une première pierre déposée durant l’été 2025, le déménagement entre les deux hôtels de ville s’est fait quasiment un an jour pour jour.
Une filiation entre trois maires
« C’est plus qu’un bâtiment, c’est un projet d’envergure qui s’inscrit dans l’ambition de recentrer le centre-ville » explique Michel Royneau, le nouveau maire depuis mars derniers. Actuellement, il se trouve le long de la départementale, ce qui le rend anxiogène. L’élu a aussi souhaité rendre un dernier hommage à l’un de ses prédécesseurs en nommant le parc Michel Guillamaud. « Papa, tu es parti un peu vite » lâche son fils Éric durant l’inauguration, ne cachant pas son émotion. Des trémolos dans la voix, il explique pourquoi son père aurait été touché par cette attention. « Un Rosnéen pur souche qui a traîné ses guêtres dans l’ancienne école de la mairie, élu à partir de 1977 et très impliqué dans la vie associative » énumère l’ancien directeur du Centre d'action culturelle Georges Brassens de Mantes-la-Jolie. Pierre Bédier y va aussi de son petit mot, « un entêté brillant qui avait le souci de sa commune », ce qu’Éric confirme : « Sa liste était transpartisane avec une vraie volonté d’unité municipale. »
Pierre-Yves Dumoulin, instigateur de ce chantier à 4,5 millions d’euros dont 3,2 de subvention (1,5 million d’euros pour le Département, 1 million de la part de la Région et 760 000 euros de l’État), est également ravi du résultat. « C’était le vrai projet de mon mandat » indique-t-il. Par ailleurs, le désormais conseiller municipal n’est pas du tout tracassé à l’idée d’inaugurer ce nouvel écrin dans ses nouvelles fonctions. « C’est la vie normale, nous ne sommes que de passage » philosophe-t-il. Et à l’instar de Michel Royneau, il préfère mettre en avant une histoire de filiation : « Ce qu’il faut retour, c’est qu’on était tous les trois (Michel Guillamaud, Michel Royneau et Pierre-Yves Dumoulin) dans la même équipe municipale. »

