Déposé en catimini lors d’une soirée estivale, Zeus contemple désormais les automobilistes qui s’aventurent vers la Refactory de Renault-Flins. Mais que ceux-ci se rassurent, ils ne prendront pas la foudre car, d’une part, seule la tête du dieu grec est présente sur le rond-point et, d’autre part, elle est cernée par trois robots. Pour son concepteur, César Malfi, son œuvre symbolise avant tout un dialogue entre l’art et l’industrie. « Il y a quelque chose de très poétique dans les robots avec leurs formes arrondies » analyse-t-il.
L’artiste a mis 18 mois pour confectionner « Rebirth », principalement dans l’Art Factory, bâtiment qui abritait le département peinture jusqu’en 2024, transformé en résidence d’artiste depuis. Ce n’est pas la première fois qu’il y pose ses valises puisque le jeune homme de 33 ans avait déjà customisé l’habitacle d’un Scenic E-Tech. On y retrouvait un autre personnage de la mythologie grecque la personne d’Euphrosyne, la déesse de la joie, qui était escortée par un chérubin.
Refactory oblige, il est allé chercher les principales matières premières dans l’économie circulaire. Morceaux de tôle usagée, bras de robot d’anciennes lignes de production, rien ne se perd, tout se transforme. Même si c’est lui qui a apposé sa signature sur le socle, César Malfi a mis en valeur la petite vingtaine de salariés qui l’ont aidé à la réalisation de son œuvre en n’oubliant aucun nom lors des remerciements.
La première oeuvre du musée Renault
Parmi eux Mohamed Sehli. Le métallier s’est occupé des supports sur lesquels reposent les robots. « C’est pour éviter qu’ils basculent en cas de vent » explique-t-il. Samir et Manu ont également apporté leur pierre à l’édifice. « Il a fallu dépolluer les robots en retirant les huiles des moteurs, expliquent-ils. Et ensuite on a soudé les carters pour qu’aucun démontage ne soit possible. » Invités lors de l’inauguration officielle le 24 septembre dernier, tous sont satisfaits du résultat final. « On aurait même dû le faire avant » s’amuse Samir.

Par ailleurs, Rebirth n’aurait pas vu le jour sans la volonté de la municipalité de Flins-sur-Seine. Voyant son rond-point tristement nu et emprunté par de nombreux conducteurs, le maire, Philippe Mery, souhaitait « une œuvre qui symbolise l’empreinte historique de Renault sur la commune ». Selon l’édile, ce visage invite à porter « un regard nouveau sur des matériaux emblématiques », transformés en une création qui évoque « à la fois la transmission, l'innovation et la capacité à se réinventer ». « Ce n’est pas une œuvre du passé mais du futur de Renault » assène Stéphane Radu, le directeur du site.
En effet, d’une certaine manière la production de César Malfi sert de première pierre au musée de la marque au losange dont le début des travaux est fixé au dernier trimestre 2026 : « Rebirth sera une très belle entrée en matière pour débuter les visites »

