Il y a des jours plus particuliers que d’autres. Pour Ghislaine Senée c’était le 2 septembre. Un post anodin sur ses réseaux, « après plusieurs mois de convalescence, suite à un AVC, je suis très heureuse d’être de retour au Sénat ! », et en une phrase la sénatrice révèle pourquoi elle n’a pas pu être présente à des moments clefs de la vie politique comme les dernières élections municipales. « Je n’ai pas pu aller soutenir des candidats » regrette-t-elle.
Son accident s’est déroulé en deux temps. D’abord, l’ancienne maire d’Evecquemont a subi un accident ischémique transitoire (AIT). « Un soir, je me suis sentie paralysée, se remémore-t-elle. Et je devais préparer un discours car je bloquais sur une phrase qui commençait par madame, monsieur. » Ghislaine Senée récupère ses capacités au bout de quelques minutes mais, la semaine suivante, elle est prise pendant trois jours de violentes céphalées.
« Dans 6 mois, je saurai ce qui reviendra ou pas »
Son médecin l’ausculte, lui prend sa tension mais ne voit rien d’anormal. Sauf que quelques jours plus tard, le 13 février, elle s’écroule. De ce moment à son arrivée à l’hôpital François Quesnay de Mantes-la-Jolie, la membre de la commission des finances ne se souvient que de bribes. « J’ai dit à mon mari d’appeler les pompiers et je me rappelle leur avoir dit au revoir en arrivant aux urgence » indique-t-elle. Par chance, elle a pu bénéficier de la nouvelle salle de thrombectomie de l’établissement de santé mantais.
À la sortie de son opération, la sénatrice est très amoindrie. Sa voix ne ressemblait qu’à un souffle. « Et je pouvais à peine faire cela » dit-elle en mimant de lever son bras et sa jambe droite. Elle passe alors 4 mois dans une clinique à Achères puis encore 2 dans le centre hospitalier la Chataigneraie à Menucourt (Val d’Oise). Là-bas, Ghislaine Senée réapprend à marcher, à parler et à écrire. Si une bonne partie des séquelles s’est résorbée grâce aux nombreux spécialistes, elle ne voit toujours pas de l’œil gauche et doit encore améliorer sa motricité fine. « Dans 6 mois, je saurai ce qui reviendra ou pas » ajoute la parlementaire. La fatigue se fait aussi vite ressentir : « Je me limite à un ou deux rendez-vous avec les maires par jour. »
Suivre le rapport de la Cour des Comptes de 2025
Par ailleurs, pendant sa convalescence, elle a pu compter sur le soutien de sa famille et aussi des personnalités politiques locales. Gérard Larcher, l’ancien préfet des Yvelines Frédéric Rose, Pierre Bédier, Valérie Pécresse, tous lui ont envoyé un message de prompt rétablissement. Elle a également reçu une cinquantaine de cartes postales qu’elle entreposait dans sa chambre.
En plus de ses missions parlementaires, Ghislaine Senée veut désormais sensibiliser les personnes sur les symptômes des accidents vasculaires cérébraux. « On sait identifier les crises cardiaques mais pas forcément les AIT, explique-t-elle. J’ai appris que j’en avais eu un lors d’une conférence à la Chataigneraie. » L’Épiscomontoise renvoie les pouvoirs publics au rapport de la Cour des Comptes de l’année dernière.
Dans celui-ci, on retrouve des recommandations comme définir une stratégie nationale de communication sur la connaissance de l’AVC par la population ou compléter le maillage territorial et diffuser l’expertise neuro-vasculaire. Par exemple, en dehors de l’Île-de-France, les temps de trajets au service de neuroradiologie interventionnelle le plus proche sur le territoire de la France métropolitaine atteint rapidement les 60 minutes. Tous les ans, 140 000 AVC surviennent en France et il est la première cause de décès chez les femmes. Et si la majorité des victimes ont entre 65 et 85 ans, un quart a moins de 64 ans.

