Entre Renault et les pompiers, une alliance qui sauve des vies

Grâce à un partenariat avec les équipes du SDIS 78, le constructeur automobile améliore ses véhicules pour que les victimes d’accidents de la route soient prises en charge plus rapidement. Des innovations présentées lors d’un séminaire du 15 et 16 septembre dans la caserne de Montigny-le-Bretonneux.

Sur la caserne de Montigny-le-Bretonneux, 250 pompiers ont pu tester des mises en situation d'accident de la route.

La Golden Hour. Ce laps de temps de 60 minutes où tout peut basculer pour une victime d’un accident de la route. Alors pour maximiser les chances de survie et éviter les drames, le groupe Renault a décidé il y a quinze ans de demander conseil aux personnes les plus impliquées dans cette course contre la montre : les sapeurs-pompiers. « Nous sommes le seul constructeur automobile à en avoir un dans nos effectifs » assure Claire Petit-Boulanger, experte sécurité véhicules chez Renault Group.  Actuellement c’est le lieutenant-colonel Nicolas Granier qui arpente les couloirs du Technocentre à Guyancourt. S’il continue également d’aller en intervention dans les Yvelines, le soldat du feu aiguille les ingénieurs de la marque au losange lors de la conception de nouveaux véhicules.

 

 

Parfois cela donne des ajouts simples mais efficaces, comme la présence d’un QR code sur le pare-brise avant et la lunette arrière. « C’est le SDIS de Loire-Atlantique qui nous a soufflé cette idée » précise Claire Petit-Boulanger. Lorsque les secours flashent la vignette, ils accèdent à une « rescue sheet ». Elles sont disponibles en 22 langues et pour chaque modèle de voitures. Ainsi, les pompiers peuvent identifier les endroits moins renforcés qu’ils découperont pour dégager les occupants.

 

D’autres solutions sont le fruit d’une réelle réflexion comme le « fireman access ».  Lorsque Renault sort Fluence ZE et Kangoo ZE, le SDIS des Yvelines l’alerte. « Toutes les nuits on a des actes de malveillance » déplore Nicolas Granier. Contrairement aux véhicules thermiques, ceux électriques continuent de s’embraser jusqu’à ce que toutes les cellules de la batterie soient consommées. Alors une trappe thermofusible (qui s’ouvre en cas de chaleur, Ndlr) a été implantée. Ainsi, les soldats du feu peuvent utiliser leur lance à incendie pour noyer complètement les piles. « Nous avons déposé le brevet en 2024 et nous l’avons mis à disposition pour tous les constructeurs » glisse l’experte sécurité de Renault Group. Par ailleurs, le siège conducteur a aussi été repensé. Grâce au « rescue seat », il se bascule presque à l’horizontale. « Maintenant, on privilégie les sorties en tunnel en passant par le coffre au lieu du toit » justifie le lieutenant-colonel.

 

250 pompiers de 11 pays différents

 

Renault a même adapté sa nouvelle R4 pour qu’elle puisse intervenir dans des situations extrêmes comme les feux de forêt dans les Landes. Dans son coffre divisé en deux parties se trouvent une tablette coulissante et deux écrans reliés à un ordinateur qui transforment le véhicule en véritable bureau mobile. Les secours peuvent ainsi piloter le drone d’observation et communiquer avec les autres acteurs sur le terrain grâce aux antennes de connexion installées dans le coffre de toit.

 

Mais rien ne vaut la pratique. C’est pour cela que tous les deux ans, Renault Group organise un séminaire dans la caserne de Montigny-le-Bretonneux. Pour cette 5ème édition, 250 pompiers de 11 nationalités différentes se sont exercés sur 13 ateliers. Alors ils ont découpé, fracassé et démonté de nombreuses voitures pour la bonne cause. « En plus, ce sont des véhicules de la vie de tous les jours qui nous sont fournis, ce qui aide pour se préparer aux pires des cas » se félicite Nicolas Granier. Ces sapeurs-pompiers devront ensuite expliquer à leurs collègues ce qu’ils ont appris et les mettre en application le cas échéant.

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