Casque, gilet, amendes… De nouvelles règles pour encadrer les trottinettes électriques dans les Yvelines

Le 15 septembre, la Préfecture des Yvelines met un coup de frein réglementaire sur les déplacements à trottinettes dans le département. En cause, une accidentologie qui a plus que doublé en un an.

À l'échelle nationale, près de 1 200 personnes ont été gravement blessées en 2025 dans des accidents de trottinettes, dont 90 % en hypercentre urbain. (Archives)

Le Préfet a fini par céder face aux chiffres. En 2025, les Yvelines ont enregistré 59 accidents corporels impliquant un engin de déplacement personnel motorisé (EDPM). Comprenez trottinettes électriques, monoroues, gyropodes et autres hoverboards. L’année dernière, il n’y en a eu que 23. Le bilan humain est lourd : 3 morts et 58 blessés, tous les décès survenant de nuit ou dans des conditions de faible luminosité, tandis que seulement 14 % des victimes portaient un casque. Le SDIS 78, lui, a été mobilisé 427 fois en 2025 pour ce type d'accident, soit plus d'une intervention par jour.

 

Ce que change l'arrêté préfectoral à partir du 15 septembre

 

Face à cette montée des risques, le préfet des Yvelines a pris un arrêté qui entre en vigueur le mardi 15 septembre. Deux nouvelles obligations s'appliquent désormais à tous les usagers d'appareils de ce type sur la voie publique dans le département : le port du casque homologué, sur l'ensemble des voies, pistes cyclables comprises, et le port d'un gilet haute visibilité ou d'un équipement rétro-réfléchissant, à toute heure. Le non-respect de l'une ou l'autre de ces obligations expose à une contravention pouvant atteindre 150 euros par équipement manquant.

 

Ces nouvelles règles s'ajoutent à celles déjà en vigueur : 14 ans minimum pour conduire, une seule personne par engin, vitesse limitée à 25 km/h, assurance obligatoire, interdiction de téléphoner ou de porter des écouteurs, et circulation sur les pistes cyclables quand elles existent. « Le préfet des Yvelines appelle l’ensemble des utilisateurs d’EDPM à adopter une conduite responsable et à respecter strictement les règles de sécurité routière, pour leur propre sécurité comme pour celle des autres usagers », peut-on lire dans le communiqué de la Préfecture.

 

 

Conflans-Sainte-Honorine avait ouvert la voie dès cet été

 

Plusieurs communes n'avaient pas attendu l'arrêté préfectoral pour agir. À Conflans-Sainte-Honorine, le maire Raphaël Prats avait pris un arrêté municipal dès fin juin, après une série d'accidents dont l'un, place Fouillère, avait failli tourner au drame. Le texte conflanais va dans le même sens que le dispositif départemental : casque obligatoire, gilet réfléchissant de nuit, interdiction d'utiliser un téléphone ou des oreillettes. Une amende de 150 euros est prévue pour les contrevenants. La municipalité a lancé une campagne de communication baptisée « Ne vous mettez pas à l'amende » et prévoit des actions de sensibilisation auprès des jeunes, avant de passer à la verbalisation.

 

À Épône, un accident grave comme déclencheur

 

À Épône, c'est un accident survenu le 27 mars 2026 (un élève de 13 ans victime d'une commotion cérébrale) qui a poussé le maire Emmanuel Bolle à agir. En concertation avec le principal du collège Benjamin Franklin, un arrêté municipal a été pris pour encadrer strictement l'usage des trottinettes aux abords de l'établissement : interdiction pour les moins de 14 ans, port du casque obligatoire pour les mineurs, interdiction d'être à deux sur un engin, et contrôles renforcés par la police municipale. 

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