À Versailles, le ministre de l’Action et des Comptes publics fait le bilan du lancement de la facturation électronique

Après un échange avec les représentants des entreprises du département et les agents de la Direction départementale des finances publiques des Yvelines, David Amiel a visité les locaux de SI4YOU, une entreprise versaillaise qui vient tout juste de basculer à la facturation électronique, comme le veut la loi depuis le 1er septembre.

Le ministre de l'Action et des Comptes publics était notamment accompagné d'Augustin Cellard, sous-préfet de Versailles, et d'Anne Bergantz, députée Renaissance de Versailles.

« On a près de 70 % des entreprises qui l'ont rejoint, et d'ores et déjà 1,5 million de factures qui ont été échangées pour environ 3 milliards d'euros ». C'est un David Amiel satisfait qui a poussé la porte des bureaux de SI4YOU, le vendredi 4 septembre à Versailles, pour prendre le pouls des entreprises confrontées, depuis le 1er septembre, à la généralisation de la facturation électronique.

 

Cravate ajustée, écran de facturation en toile de fond, le ministre de l'Action et des Comptes publics n'a pas choisi ce décor par hasard. Face à lui, Valérie Guimard, dirigeante de cette société qui accompagne les entreprises dans la gestion et l'évolution de leur système d'information, est revenue sur la transition entamée avant la date légale. Car depuis le 1er septembre, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en capacité de recevoir leurs factures au format électronique, tandis que les grandes entreprises et les ETI doivent déjà les émettre ainsi. Les PME et micro-entreprises, elles, ont jusqu'au 1er septembre 2027. Un calendrier à deux vitesses assumé par le ministère : « Ce n'est pas pour rien qu'il y a une première date, puis une seconde échéance », a rappelé David Amiel, insistant sur la nécessité de « tirer les leçons de la première phase » avant d'imposer la bascule aux plus petites structures.

 

 

 

En imposant que chaque facture transite par une plateforme agréée transmettant automatiquement les données à l'administration fiscale, l'État espère détecter plus rapidement les anomalies, et récupérer une partie des 6 à 10 milliards d'euros de TVA éludée chaque année (environ 3 milliards selon les estimations gouvernementales). L'autre objectif est la modernisation et la simplification pour les entreprises elles-mêmes : automatiser la saisie, fiabiliser les échanges entre fournisseurs et clients, réduire les délais de paiement et, à terme, permettre une déclaration de TVA pré-remplie, sur le modèle de ce qui existe déjà pour l'impôt sur le revenu des particuliers.

 

Sur le terrain, la cheffe d'entreprise versaillaise confirme que le chantier est loin d'être homogène selon les métiers. Côté ventes, la digitalisation était déjà largement engagée, notamment parce que les factures transmises à l'État ne pouvaient plus être de simples tableurs. Mais côté achats, c'est une autre histoire. « Tout le circuit achat n'est quasiment pas digitalisé », reconnaît-elle, évoquant des réconciliations encore faites à la main entre bons de réception et factures fournisseurs. Une zone où la réforme, selon elle, va justement simplifier des process jusqu'ici bricolés.

 

Quid des emplois de la comptabilité ?

 

Autre sujet abordé dans les bureaux versaillais : la multitude de plateformes agréées, source d'hésitation pour de nombreux dirigeants. David Amiel y voit une richesse plus qu'un obstacle, à condition d'être bien accompagné : des offres gratuites pour les besoins limités, des solutions plus sophistiquées pour les structures plus complexes, avec en embuscade un vrai travail mené avec les experts-comptables, décrits comme des acteurs clés de l'accompagnement.

 

Reste une inquiétude, à peine voilée : celle de l'emploi. La numérisation des tâches de saisie et de contrôle interroge forcément les métiers de la comptabilité. Le ministre balaie l'argument d'un revers de main : il s'agit, selon lui, de « gains de temps considérables » qui permettront à chacun de se recentrer sur les missions à plus forte valeur ajoutée.

 

Au terme de cette visite, le message du gouvernement se veut rassurant sans minimiser l'ampleur du chantier : la première marche est franchie, la seconde, plus délicate car elle touchera l'ensemble du tissu des PME françaises, se prépare dès maintenant à Bercy comme sur le terrain, à Versailles et ailleurs.

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