Airinspace, entreprise créée en 2002 et basée à Élancourt, conçoit et commercialise des épurateurs d’air de différents types, adaptés à divers établissements. Elle utilise notamment un savoir-faire issu d’un transfert de technologie assurant la qualité de l’air dans la station spatiale internationale. Stéphane Chatenet, directeur général de cette société d’une trentaine de personnes, a intégré l’entreprise il y a une dizaine d’années. « Historiquement, on a décidé de se centrer sur un segment de marché, l’hôpital et le laboratoire », explique-t-il.
Le médical, et notamment le monde hospitalier, constitue la cible première, puisque l’entreprise équipe aujourd’hui pratiquement « tous les CHU » de France, selon son directeur général. « Il n’y avait qu’une machine, et maintenant, on a un catalogue de plus de 18 produits », précise Stéphane Chatenet. Mais les deux gammes les plus utilisées sont celles de la technologie HEPA – la plus courante, permettant une filtration microbiologique et particulaire de très haute performance – et Plasmair. Cette dernière, plus puissante que l’HEPA, est notamment utile pour les patients greffés. « [L’HEPA], c’est ce qui est recommandé aujourd’hui, à part dans les services de greffe, résume Stéphane Chatenet. Économiquement, c’est très efficace et compétitif. On est plutôt les moins chers du marché [pour l’HEPA] et les plus chers [pour le Plasmair, technologie sous brevet]. C’est beaucoup plus cher à fabriquer, ça vaut le double. » Soit 12 000 à 20 000 euros, contre 8 000 à 12 000 euros pour l’HEPA.
Le Plasmair est aussi l’unité de décontamination la plus ancienne de l’entreprise. La première génération de ces produits date de 2004 à 2006. D’autres modèles de Plasmair ont ensuite pris le relais. « Les nouveaux modèles sont sortis en 2017. On part toujours du produit précédent, et on cherche à améliorer sa puissance, son efficacité et son bruit. Entre [l’ancien modèle] et celui-là, qui est assez récent, vous avez dix décibels de moins pour le même débit. Et dix décibels, c’est énorme, expose Stéphane Chatenet. Quand vous allez dans la chambre d’un patient greffé, ils ont en plus des traitements qui les rendent sensibles au bruit. »
Dans les cantines scolaires
D’abord connue pour sa collaboration avec les hôpitaux, Airinspace s’est, notamment avec le tournant de la crise sanitaire, diversifiée sur d’autres types d’établissements recevant du public. Les cantines scolaires en premier lieu. « Nous avons commencé à faire des essais dans des écoles privées, raconte Stéphane Chatenet. Maintenant, il est considéré (par le ministère et la DGS, Ndlr) que l’aérosolisation est majeure. »
Après un premier appel d’offres en Région Rhône-Alpes où l’entreprise est arrivée trop tard, Airinspace, en a remporté un en Île-de-France. « On n’a pas été tout seuls à gagner, mais on a installé [dans] pas mal de lycées en Île-de-France, évoque Stéphane Chatenet. Les textes ont été publiés en juin par la DGS (Direction générale de la santé, Ndlr) et le ministère, et en septembre par le Haut Conseil en santé publique, sur ce qu’il fallait comme épurateurs et comment dimensionner l’installation. Et surtout qui devait le faire et sous quelles réserves d’études techniques. Ils ont publié un texte qui a permis de ‘‘faire le ménage’’, et de favoriser les sociétés les plus compétentes, ou tout au moins les plus industrielles, avec des produits puissants, silencieux, efficaces. »
« On a équipé peut-être 10 % des lycées jusqu’à maintenant en Île-de-France », ajoute-t-il. De nombreuses mairies, dont Trappes, ont aussi commandé ces dispositifs. Ces épurateurs, de la technologie HEPA mais en plus petit format, sont programmés pour fonctionner de 11 h 30 à 14 h 15, soit durant le créneau de repas des élèves, et vont jusqu’à 2 000 m3/h. Leur niveau sonore s’élève à 64 db, ce qui est trop bruyant pour une salle de classe, mais pas pour une cantine. Leurs prix vont de 3 000 à 4 200 euros. Airinspace fournit aussi des restaurants et des entreprises.
La société développe et fabrique ses produits en France et possède le droit d’apposer le logo Origine France garantie sur ses produits. Cela lui permet entre autres d’avoir été sélectionnée par l’Ugap (Union générale des achats publics), depuis dix ans. « Pour les élus, c’est très important » car, « quand on vous commande des produits par l’Ugap, il n’y a pas besoin d’appel d’offres, puisque vous avez déjà été en appel d’offres », souligne Stéphane Chatenet. Airinspace possède également des marchés dans 48 pays.

