Mantes-la-Jolie : aigreurs et tensions pour la fin du Cac Georges Brassens

Décidément, jusqu’au bout, rien ne joue en faveur d’une fin apaisée de l’activité du Cac Georges Brassens. L’association éponyme, remplacée par les 4 Z’arts magnanvillois selon le voeu de la municipalité mantaise, a remis les clés du lieu qu’elle gérait depuis plusieurs décennies. Elle en a enlevé l’intégralité du matériel dont elle était ou estimait être propriétaire, la mairie a porté plainte.

Dans un communiqué de presse envoyé il y a quelques jours, la municipalité affirme en effet le pillage de ces équipements, comme des insultes reçus par ses fonctionnaires lors de la remise des clés :

Le vendredi 30 décembre, accompagnés d’un huissier de justice, des agents de la Ville se sont rendus dans les locaux de ce qui sera l’Espace Brassens pour procéder à la remise des clefs et à un état des lieux, comme cela était prévu. Ils ont été accueillis par un groupe d’une vingtaine de personnes (dont des dirigeants et des salariés de l’association Cac Georges-Brassens), qui les ont copieusement insultés, les traitant notamment de « collabos ».

À l’intérieur, l’équipement a été littéralement saccagé. Les tables, chaises, équipements électriques, jusqu’aux rideaux et aux miroirs des toilettes ont été volés. La structure a été vidée. Tout l’équipement technique de la scène a disparu.

Il n’y a plus de barres dans les salles de danse, plus d’éclairage dans les studios, plus de porte-manteaux fixes dans les vestiaires. Deux tableaux techniques ont été vandalisés et leurs câbles arrachés. Face à ces agissements inacceptables, la Ville de Mantes-la-Jolie va porter plainte pour insultes à agents municipaux, dégradation et vol de biens publics.

Dans un premier temps, la Ville met tout en oeuvre pour ouvrir l’Espace Brassens aux associations dès le 2 janvier dans de bonnes conditions. Par la suite, après chiffrage des travaux, un indispensable chantier de réfection sera engagé, aux frais du contribuable, pour rendre l’ensemble des locaux de nouveau exploitable et ce dans les meilleurs délais.

Il est déplorable qu’un groupuscule disant défendre la culture et l’intérêt général s’en prenne ouvertement à des biens publics. Car les premières victimes de ces actes malveillants sont bien les Mantais, qui voient leurs installations dégradées et ne pourront, en ce début d’année, profiter de leurs loisirs.

 
Pour les responsables de l’association Cac Georges Brassens, pas question de laisser passer ces affirmations :

Par son communiqué violent contre l’association Cac Georges Brassens et ses dirigeants, la municipalité de Mantes-la Joliie poursuit son travail de destruction en cherchant aujourd’hui à nous spolier de nos biens. Elle nous contraint à y répondre par une action en justice contre des accusations diffamatoires et calomnieuses.

Toute la situation actuelle est de la seule responsabilité de l’équipe municipale : huit licenciements et la fin d’une association qui, du propre aveu de l’ancien maire, remplissait des fonctions de service public culturel depuis des dizaines d’années.

Concernant les locaux, il n’y a eu ni dégradations, ni pillage, ni vols. Nous avons été obligés de démonter et déménager tout le matériel acquis par l’association au fil des années car : tout ce qui a de la valeur doit être mis à l abri pour être remis à la justice en tant qu’actifs de l’association à liquider, tout le reste doit être évacué, conformément aux exigences de la mairie qui a rédigé la convention d’occupation stipulant une remise des locaux vides.

Le matériel, propriété de l’association Cac Georges Brassens, est stocké dans un entrepôt loué par nos soins. Suite à notre demande auprès du tribunal de mise en liquidation judiciaire, il est là à disposition de la justice, l’audience n’étant programmée que le 12 janvier 2018 pour cause d’encombrement judiciaire. Cela concerne tous les meubles et matériels de spectacles équipant les salles du Cac que la mairie semble considérer comme sien alors qu’il n’en est rien.

Cette situation était prévisible dès la dénonciation de la convention en juillet dernier. Si, comme elle le prétend, la mairie avait été soucieuse du bien public, elle aurait pu proposer de racheter les équipements en place. Elle a préféré, au lieu du dialogue, fonctionner à coups de diktats, visite d’huissier, ultimatums… ou refus de nous répondre et manipuler l’opinion par une communication mensongère que nous ne pouvons accepter.

Tout cela, la municipalité le sait parfaitement, elle l’a même minutieusement préparé. Au-delà du coup de communication, il s’agit de la part du maire d’un mensonge délibéré. A titre d’exemple, la photo présentant soi­-disant des câbles arrachés, montre en fait l’emplacement du serveur informatique, propriété de l’association et démonté avec soin. Par respect pour le premier magistrat de cette ville, nous voulons croire qu’il n’est pas encore au courant de toutes les turpitudes de son équipe.

Les victimes de tout cela sont notre association, ses adhérents et les associations usagères, qui ont tenté pendant six mois de résister à des décisions injustes et brutales. Nous restons bien entendu à la disposition de tout un chacun pour éclairer sur ces évènements et restituer ce qui est incontestablement un gâchis de politique publique.

SOURCE : TR 78CREDIT PHOTO : TR 78

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