Carrières-sous-Poissy : 5 000 t d’ordures, l’ex-maire exige des « Etats généraux »

Depuis maintenant plusieurs années, les déchets divers s’amoncellent dans l’ex-plaine maraîchère à cheval sur Carrières-sous-Poissy, Triel-sur-Seine et Chanteloup-les-Vignes. En septembre dernier, la communauté urbaine Grand paris Seine et Oise engageait une réflexion sur la dépollution de ces terrains jonchés d’ordures (photo prise en septembre 2017, Ndlr), dont les conclusions sont toujours attendues.

En janvier, un habitant de Carrières-sous-Poissy a lancé la constitution d’un collectif nommé « Déchargeons la plaine », accompagné d’un site internet, d’une pétition en ligne et de vidéos indignées, pour exiger de l’Etat qu’il agisse afin de faire cesser cette situation :

La plaine de Carrières‐sous‐Poissy / Triel‐sur‐Seine / Chanteloup‐les‐Vignes est laissée à l’abandon après plusieurs années d’insalubrités orchestrées par des personnes malintentionnées qui ont littéralement dévasté des hectares de nature en créant une déchetterie à ciel ouvert.

De nombreuses montagnes d’ordures à l’air libre polluent le sol et se dispersent au gré des vents. C’est intolérable, insupportable, il faut que ça cesse. La remise en état de cet espace naturel est une priorité pour l’environnement et pour le bien être de la population.

 

Ce jeudi 15 février, c’est le conseiller régional et ancien maire de Carrières-sous-Poissy, Eddie Aït (MR), qui s’empare du sujet. Il exige des « Etats généraux » dans un communiqué de presse indiquant notamment que plus de 5 000 tonnes de déchets s’accumulent dans la plaine :

Gravats, parpaings, amiante, bonbonnes de gaz… Rien ne va plus sur la plaine de Carrières-sous-Poissy. Autrefois vaste espace d’une culture maraîchère source de prospérité locale, elle est aujourd’hui transformée en véritable océan de déchets. La décharge sauvage de Carrière-sous-Poissy rassemble plus de 5 000 tonnes d’immondices !

Les dépôts sauvages de déchets sont une atteinte à l’environnement, au cadre de vie et à l’attractivité des territoires. Ils représentent une charge financière non négligeable pour les collectivités territoriales et les acteurs qui doivent supporter ce type de désagrément.

Chaque année, en Île-de-France, les dépôts sauvages représentent jusqu’à 25 kg/habitant sur certains secteurs et génèrent des coûts de prise en charge très élevés, de l’ordre de 7 à 13 euros par habitant. Des millions d’euros sont en jeu rien que sur le territoire de la commune de Carrières-sous-Poissy.

Le constat est connu de tous : la plaine est fragilisée par l’incivilité générale (les dépôts sauvages et les occupations illégales en sont des exemples) et les pouvoirs publics sont impuissants (en dépit des tentatives d’aménagements, à l’exemple du Cœur Vert décidé par l’ex CA2RS).

Le temps est venu d’engager une politique volontariste. Les initiatives citoyennes se multiplient. C’est pourquoi, à l’image des « Etats généraux de la forêt » initiés par le Maire de Saint-Germain-en-Laye, nous appelons à la convocation « d’Etats généraux de la plaine ».

Soucieux de soutenir et d’accompagner sa défense comme son développement, nous invitons tous les acteurs attentifs à son devenir – les parlementaires, les élus locaux, les associations environnementales, les entreprises artisanales du BTP, la Préfecture, la région Ile-de-France, le département des Yvelines, la communauté urbaine, les villes de Carrières-sous-Poissy, Andrésy, Chanteloup-les-Vignes et Triel – à se réunir sans délais.

Les « Etats généraux de la plaine » sont la dernière chance de ce vaste espace naturel ouvert. Des premières mesures à la fois d’ordre préventif et curatif devront être prises comme :
La mise en place de moyens de prévention des dépôts sauvages de type barrières, dispositifs de surveillance.
L’organisation d’opérations de nettoyage notamment via des brigades ou en lien avec des initiatives citoyennes et associatives sur le territoire.
La mise en œuvre de moyens de communication / sensibilisation auprès du grand public, des élus, des professionnels et de la maîtrise d’ouvrage.
La réalisation et mise à jour d’un état des lieux des dépôts sauvages sur le territoire, en lien avec le suivi de l’objectif de réduction fixé.
La mise en place d’une animation territoriale des acteurs et d’une gouvernance adaptée, incluant la participation de la Région aux comités de pilotage du projet.
Une réflexion sur l’offre de collecte des déchets des artisans sur le territoire, et sur les besoins complémentaires à développer.
L’application de sanctions envers les auteurs de dépôts sauvages, en lien avec les pouvoirs de police des Maires concernés.

L’état de la plaine nécessite un plan d’actions immédiat. Plus largement, et afin de donner un usage durable (naturel, économique, paysager…) à la plaine, la Ville de Carrières-sous-Poissy et la Communauté urbaine devront l’intégrer dans leur projet spatial d’aménagement au même titre que les espaces urbanisés. La gestion de la plaine nous engage tous.

SOURCE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE – EDDIE AÏTCREDIT PHOTO : TR 78

Regardez aussi

Triel-sur-Seine : il trouve le corps de son voisin sans vie dans la baignoire

Jugé suspect dans un premier temps, le décès intervenu à Triel-sur-Seine, ce jeudi, n’a finalement …